Wildlife Photographer 2026 : une éléphante en deuil récompensée
Wildlife Photographer 2026 : une éléphante en deuil primée

Le concours Wildlife Photographer of the Year 2026, organisé par le Natural History Museum de Londres, a dévoilé son palmarès ce vendredi 16 octobre. Pour cette 62ᵉ édition, le jury a départagé plus de 65 000 clichés. Le grand gagnant est l'Italien Federico Veronesi, récompensé pour sa photographie « Deuil parental », montrant une éléphante portant son petit mort. Il remporte également le prix du Déclic écologique pour son portrait d'un groupe de rhinocéros blancs dans la réserve de Solio, au Kenya.

Une image qui bouleverse le jury

Federico Veronesi raconte qu'il suivait une harde d'éléphants lorsque des traces étranges ont attiré son attention : « quelque chose avait été traîné dans le sable d'un lit de rivière asséché ». Ce « quelque chose » était un éléphanteau mort, dont la patte était coincée entre la défense et la trompe de sa mère. La présidente du jury, Kathy Moran, a expliqué la force de cette image : « Sur le plan émotionnel, cette photo est un véritable choc, un cliché d'une intensité déchirante. Sur le plan intellectuel, c'est la preuve que les animaux possèdent des capacités cognitives. Cette photographie dit tout ! »

Les autres lauréats des catégories

Le palmarès 2026 distingue également plusieurs photographes dans des catégories spécifiques. James Lewin (Royaume-Uni) remporte la catégorie « Animaux dans leur environnement » avec « Affluence au point d'eau ». Isak Pretorius (Afrique du Sud) est lauréat de « Comportements d'oiseaux » pour « Scènes de marais ». Alex Visbal (Colombie) gagne dans « Zones humides : voir plus loin » avec « L'ultime limite ». Tony Wu (États-Unis, Japon) est primé dans « Monde aquatique » pour « Ponte nocturne ». Anton Sorokin (États-Unis) remporte « Comportement : amphibiens et reptiles » avec « Nurserie pour tritons ». Seth Forestson (Royaume-Uni) est lauréat de « Faune urbaine » pour « Jungle urbaine ». Loren Elliott (États-Unis) gagne dans « Photojournalisme de nature » avec « Le maître des faubourgs ».

Des images qui révèlent des mondes cachés

Le concours met aussi en lumière des scènes rares ou invisibles à l'œil nu. Kutub Uddin photographie des myxomycètes, des organismes unicellulaires de 1 à 2 millimètres, dans les forêts anglaises. Leurs filaments, appelés « capillitium », participent à la dispersion des spores. Alexis Tinker-Tsavalas capture une mouche asilide transperçant sa proie, avec des bulles apparaissant dans les yeux de cette dernière, grâce à la technique du « focus stacking ». Michal Michalski immortalise un envol de chardonnerets et de pinsons du Nord fuyant un épervier, avec une vitesse d'obturation lente. Agorastos Papatsanis révèle la fluorescence de mycènes de Réna sous lumière ultraviolette sur les pentes du mont Olympe. Francisco Negroni, lui, photographie un puma accroché à une clôture en Patagonie, sur la route 40 en Argentine.

Les photographies gagnantes sont exposées depuis ce vendredi 16 octobre au Muséum d'histoire naturelle de Londres. Un ouvrage rassemblant l'intégralité des photos est également paru aux éditions Biotope.