Maria Ruyssen quitte l'Ifremer de Sète pour un poste national
Maria Ruyssen quitte l'Ifremer de Sète pour un poste national

Maria Ruyssen, directrice de l'Ifremer de Sète depuis 2021, quitte son poste pour diriger la nouvelle Direction de l'Appui aux politiques publiques de l'institut. Elle reste basée à Sète, sa ville de cœur, où elle a notamment initié des projets de restauration écologique et de concertation avec les acteurs locaux.

Une nouvelle direction stratégique pour l'Ifremer

Âgée de 33 ans, Maria Ruyssen est une figure bien connue sur le Bassin de Thau, où elle a travaillé avec les professionnels de la pêche et de la conchyliculture locale. L'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer) a annoncé sa nomination à la tête de la Direction de l'Appui aux politiques publiques, une structure qu'elle est chargée de créer. Cette direction aura pour mission de renforcer le lien entre les travaux scientifiques de l'institut et les politiques publiques maritimes.

Ce nouveau poste marque un retour aux premières passions de Maria Ruyssen. Elle est déjà l'autrice du document stratégique de la façade méditerranéenne, une vision à cinq ans (2018-2021) de plus de 1 000 pages qui rassemble les projets pour le territoire maritime de l'État français, élaboré au sein de la Direction interrégionale de la Méditerranée à Marseille.

Un parcours atypique vers le maritime

Maria Ruyssen est arrivée dans le secteur maritime presque par hasard en 2012, après des études de lettres anciennes. Elle a débuté à la direction des phares et balises, où elle a découvert "l'histoire des ports, la signalisation, les métiers maritimes, un patrimoine culturel", comme elle le raconte. Dès 2015, elle pilote un plan d'actions pour le milieu marin et se tourne vers la recherche à travers un doctorat de géographie.

Devenue directrice de l'Ifremer de Sète en 2021, elle a cherché à redonner à la station un ancrage après la crise du Covid-19. "La station avait besoin de retrouver un ancrage, une vie interne, d'équipe après le Covid mais aussi avec l'extérieur, avec les professionnels et les acteurs locaux (élus, prud'homies, ports, etc.)", explique-t-elle. Elle souligne que "l'ADN de l'Ifremer, c'est d'être proche de l'eau mais aussi des gens", et qualifie la diversité des activités des stations de "mine d'or".

Des résultats concrets sur le Bassin de Thau

Parmi les réussites de son mandat, Maria Ruyssen cite la mise en place des tables rondes recherche et conchyliculture à partir de 2022, en partenariat avec le CRCM, qui ont abouti au contrat de filière. "Grâce à ces rencontres, nous avons réussi à appréhender le territoire du bassin de Thau comme un système complet en termes d'apports d'eau douce, de salinité, de températures, même de contaminants et à avoir une approche globale des effets sur les cultures marines", précise-t-elle.

Elle évoque également le lancement du fonds de dotation Mare Durabilis de l'OP Sathoan, après deux ans de concertation avec les services de l'État, pour soutenir la transition écologique. "On finance souvent la compensation, mais on arrive peu à financer l'amont, l'accompagnement social, la diversification des métiers, la co-construction de projets scientifiques", regrette-t-elle.

Interrogée sur l'état de l'étang de Thau, Maria Ruyssen affirme que "la masse d'eau est en bon état environnemental". Elle précise que "l'étang de Thau est un modèle de trajectoire d'actions collectives", tout en alertant sur la fragilité du système : "sa capacité trophique est profondément atteinte avec le changement climatique". Elle insiste sur la nécessité d'être vigilant et d'envisager des plans B, comme varier les lieux et les cultures.

Maria Ruyssen espère désormais apporter "cette dynamique de création et de dialogue" à sa nouvelle direction, toujours basée à Sète. "Nous aurons une volonté encore plus forte d'inclusion vers les territoires, surtout dans une période où les crises s'accumulent, et une stratégie dédiée au dialogue avec l'Europe et nos voisins immédiats", conclut-elle.