Les deux parcs expérimentaux d'éoliennes en mer au large de l'Occitanie, EolMed et EFLG, sont en activité depuis le début de l'été 2026. Chacun produit 30 MW, de quoi alimenter 50 000 habitants. La région vise 45 GW de production éolienne en mer à l'horizon 2050, couvrant 20 % des besoins énergétiques de la France.
Deux parcs expérimentaux en service
Les deux parcs, situés à 15 km de Gruissan et Port-la-Nouvelle pour EolMed, et à 16 km de Leucate et Barcarès pour EFLG, ont commencé à produire de l'électricité presque simultanément au début de l'été. Chaque parc est conçu pour générer 30 MW, soit l'équivalent de la consommation de 50 000 habitants.
« Nous sommes encore en phase de rodage depuis la production des premiers électrons et la pleine capacité potentielle fin juillet, mais nous n'en sommes pas encore là », indique Jérémy de Barbarin, directeur du projet EFLG porté par Ocean Winds. Les fortes chaleurs et la température de l'eau ont posé quelques « sujets techniques de jeunesse » cet été. Les turbines ont bien résisté aux tempêtes, mais ont moins apprécié l'eau chaude et les canicules à répétition, jusqu'à être parfois stoppées. « C'est un nouvel environnement pour ces turbines habituées à la Mer du Nord, mais nous avons appris sur ces sujets-là et elles fonctionnent à plus de 90 % du temps », confie le directeur.
Acheminement et coût de l'électricité
Pour EolMed comme EFLG, l'électricité produite est acheminée à terre par RTE, puis redirigée vers des lignes de haute tension. Les énergéticiens la redistribuent ensuite aux foyers. Un contrat a été passé avec l'État, qui soutient la filière naissante, fixant un tarif de 240 € par Mégawattheure produit. EDF revend ensuite cette électricité aux particuliers. Avec le contexte énergétique, le prix du marché grimpe « parfois à 300 € », indique Jérémy de Barbarin. Le tarif étant bloqué, EolMed s'en était ému auprès de l'État il y a quelques mois.
Les futurs parcs et les objectifs 2050
Le gouvernement a planifié le développement de l'éolien en mer via la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), avec des projets posés en Atlantique et flottants en Méditerranée. En Occitanie, le premier parc commercial, nommé EFLO et géré par Ocean Winds, verra le jour au large de l'Hérault et de l'Aude, avec une quarantaine d'éoliennes pour 250 MW et 450 000 personnes alimentées. L'appel à candidatures pour l'AO10 se termine ce lundi 12 octobre, prévoyant 10 GW de production (5 GW posé, 5 GW flottant), dont une extension de 500 MW du champ EFLO et de nouveaux parcs.
« À l'horizon 2050, l'État vise un objectif de 45 GW de production avec des paliers, ce qui couvrira 20 % des besoins en énergie de la France et en Méditerranée, ce sera la consommation de 6,6 millions d'habitants, soit la population d'Occitanie », détaille Romain Cunniet, chargé de mission environnement à la Dréal-Occitanie. Il rappelle que dans les appels d'offres, sur une échelle de 100 points, 70 sont attribués pour le prix de l'énergie, 18 pour la robustesse des éoliennes et 12 pour les enjeux environnementaux, « par exemple, au moins cinq matériaux ne devront pas venir de Chine ».
Le soutien régional à la filière
La région Occitanie soutient cette filière depuis longtemps. « Nous sommes engagés depuis dix ans à comment structurer la filière et participer à la réindustrialisation de l'industrie », rappelle Sébastien Denaja, conseiller régional. La collectivité a engagé plusieurs centaines de millions d'euros à Port-la-Nouvelle pour adapter les structures portuaires aux éoliennes géantes, culminant à près de 200 mètres de hauteur. Il évoque aussi l'emploi généré, le tourisme industriel balbutiant – les premiers bateaux se sont lancés cet été vers les parcs expérimentaux – et les projets avec les pêcheurs pour leur intégration dans ce développement.
Le groupe Midi Libre organise mardi 13 octobre les rencontres du littoral à son siège à Saint-Jean-de-Védas, consacrées à la construction de la filière éolienne en mer, ses perspectives touristiques et son impact sur la biodiversité.