Incendies dans le Var : l'appel de l'ancien maire de Correns pour une meilleure prévention
Var : l'ancien maire de Correns appelle à repenser la prévention

L'ancien maire de Correns, Michaël Latz, qui a dirigé ce village varois de 1995 à 2020, lance un appel pressant à repenser la protection des forêts méditerranéennes après les incendies dévastateurs de l'été 2026. Dans une tribune libre publiée par Var-matin, il estime que la France se prépare mal face aux feux de forêt, accentués par le changement climatique, et propose des solutions concrètes, notamment le recours au pastoralisme pour créer des coupe-feux naturels.

Un constat alarmant après les incendies

L'incendie qui a frappé la région de Correns, Montfort, Pontevès, Cotignac et Barjols a ravagé 60 % des forêts de la commune, dont le massif de Bréguière-Bel Air, soit trois à quatre cents hectares de forêt qui dominaient le village. Ce drame a profondément marqué Michaël Latz, qui a vu ressurgir d'antiques restanques, vestiges de l'exploitation des collines par les anciens. Il témoigne : « Ce drame m’oblige à un témoignage, et à une conviction : nous nous préparons mal, collectivement, à protéger nos massifs, et encore plus avec le changement climatique. »

L'échec d'une réunion sur la stratégie de défense

Michaël Latz rappelle qu'il y a une quinzaine d'années, en tant que maire, il avait réuni tous les acteurs de la forêt (conseil général, pompiers, CRPF, Cerpam, chasseurs, agriculteurs) pour élaborer une stratégie de défense du massif sur une dizaine d'années. Mais cette réunion a tourné à la « foire d'empoigne », chacun défendant sa chapelle, et le projet est resté lettre morte. Il le regrette amèrement : « C’était pourtant, je crois, le bon choix. »

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Le pastoralisme, une solution qui a fait ses preuves

L'ancien maire met en avant l'exemple de Correns, où un éleveur caprin fait pâturer ses chèvres dans les forêts communales depuis vingt-cinq ans. Cette forêt est l'une des rares à avoir peu brûlé lors des incendies. Il explique que le pâturage enlève de la matière sèche, ralentit le front du feu et laisse aux pompiers un terrain praticable. « Il n’empêche pas le feu, il l’affaiblit, et c’est déjà beaucoup », souligne-t-il.

Des propositions concrètes pour l'avenir

Michaël Latz propose d'affecter 5 à 10 % des budgets de lutte contre les incendies (Département, Région, État) à la prévention, soit plusieurs centaines de millions d'euros par an. Il préconise également de contractualiser sur la durée de vie professionnelle d'un éleveur (20 à 25 ans) pour garantir un revenu décent, au moins le SMIC, en échange de l'entretien de couloirs pare-feu. Il suggère aussi de favoriser l'installation de cultures en forêt (pistaches, amandiers, oliviers, vignes) et de s'appuyer sur la centrale à biomasse de Brignoles pour donner une dimension économique aux coupe-feux.

Un appel à la volonté politique

L'ancien maire insiste sur la nécessité d'une autorité plus forte, portée par le Préfet ou le président du Conseil Départemental, en coordination avec les présidents d'agglomération et les maires. Il déplore que « la volonté politique, jusqu’ici, a manqué ». Il souhaite que Correns serve de terrain d'expérimentation pour un inventaire rapide des parcelles brûlées, l'abattage des arbres brûlés pour la biomasse, et une table ronde sur la protection des forêts épargnées.

En conclusion, Michaël Latz lance un appel à la solidarité et à l'action : « Correns a vécu un drame. La solidarité et la jeunesse du village ont montré, ces derniers jours, une volonté intacte de vivre ici, ensemble. Il appartient maintenant aux pouvoirs publics, dans leur diversité, de se rassembler autour du maire et des agriculteurs pour que ce village reste ce qu’il a toujours voulu être : un exemple de développement durable et de résilience. »

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