Au lac de la Muzelle, situé dans le massif des Écrins, le nombre de bivouaqueurs a explosé ces dernières années. Selon les gardiens du refuge de la Muzelle, la fréquentation a augmenté de 40 % entre 2021 et 2025. Cette hausse est principalement due à l'arrivée de "néo-bivouaqueurs", souvent novices, qui s'équipent à la hâte chez Decathlon et se lancent sans préparation adéquate.
Un phénomène amplifié par les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux, notamment Instagram et TikTok, jouent un rôle clé dans cette tendance. Les images idylliques du lac attirent des milliers de visiteurs, mais beaucoup sous-estiment les difficultés du terrain. "On a acheté tout le matos chez Decathlon deux jours avant et on a direct plongé dans le grand bain", raconte un jeune bivouaqueur rencontré sur place. Les gardiens du refuge rapportent des incidents fréquents : tentes mal installées, nourriture laissée à l'air libre attirant les animaux, ou encore départs de feu.
Des tensions avec les autorités locales
Face à cet afflux, la mairie de la commune voisine a pris des mesures. Depuis 2024, le bivouac est interdit autour du lac entre 19 heures et 7 heures du matin, sauf pour les randonneurs munis d'un permis délivré par le parc national. Les contrevenants s'exposent à une amende de 135 euros. Malgré cela, le nombre de verbalisations a bondi de 60 % en un an. "Nous ne voulons pas tuer la magie du lieu, mais il faut protéger l'environnement et la sécurité de tous", explique le maire, Jean-Pierre Durand.
Un impact environnemental croissant
Les conséquences écologiques sont préoccupantes. Les déchets sauvages se multiplient, et la flore fragile du bord du lac est piétinée. Une étude menée par le parc national des Écrins en 2025 a montré une dégradation de 15 % de la qualité des sols autour des zones de bivouac les plus fréquentées. Les gardiens du refuge organisent désormais des opérations de nettoyage chaque semaine, ramassant en moyenne 50 kg de déchets par mois.
Des solutions pour un tourisme durable
Pour répondre à cette situation, le parc national a lancé une campagne de sensibilisation sur les bonnes pratiques du bivouac. Des panneaux informatifs ont été installés, et des ateliers sont proposés aux visiteurs. Par ailleurs, une application mobile permet désormais de réserver un emplacement de bivouac et de recevoir des conseils personnalisés. "L'objectif est de canaliser les flux tout en offrant une expérience de qualité", précise le directeur du parc, Marc Lefèvre. Les réservations via l'application ont déjà permis de réduire de 20 % les bivouacs sauvages.



