La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, signe une tribune dans Libération ce 3 août 2026, appelant à une « Nuit du 4 août 2026 » pour abolir les privilèges climatiques. Elle y dénonce l'inaction climatique et propose des mesures radicales pour une transition écologique juste, s'inspirant de l'abolition des privilèges de 1789.
Une tribune-choc pour une écologie radicale
Dans cette tribune, Marine Tondelier critique les « privilèges climatiques » dont bénéficient les plus aisés, qui peuvent se déplacer en avion, consommer sans limite et échapper aux contraintes environnementales. Elle appelle à une mobilisation citoyenne pour « faire sauter les verrous » du système actuel.
Elle propose notamment la mise en place d'une « contribution de solidarité climatique » sur les grandes fortunes, un « quota carbone individuel » et la fin des « niches fiscales » pour les énergies fossiles. Selon elle, ces mesures permettraient de financer la transition écologique et de réduire les inégalités.
Des propositions concrètes et chiffrées
La tribune avance des chiffres précis : elle estime que la taxation des super-profits des entreprises fossiles pourrait rapporter 10 milliards d'euros par an, et que la suppression des avantages fiscaux sur le carburant des jets privés générerait 1 milliard d'euros. Marine Tondelier propose également de conditionner les aides publiques aux entreprises à des critères écologiques et sociaux.
Elle appelle à une « planification écologique » qui impliquerait les citoyens à tous les niveaux, et à la création d'une « sécurité sociale écologique » qui garantirait à chacun un accès aux biens essentiels (énergie, alimentation, mobilité) tout en respectant les limites planétaires.
Une référence historique pour un sursaut républicain
En évoquant la Nuit du 4 août 1789, Marine Tondelier veut marquer les esprits : « Il s'agit de faire de 2026 une année de rupture, comme 1789 a aboli les privilèges de la noblesse. » Elle appelle à une « insurrection citoyenne » pacifique pour imposer l'écologie au cœur du débat politique.
Cette tribune intervient alors que la France connaît une sécheresse historique et que les incendies se multiplient, rappelant l'urgence climatique. Elle espère ainsi peser sur la campagne présidentielle de 2027, en plaçant l'écologie au centre des préoccupations.
Réactions et perspectives
La tribune a déjà suscité des réactions, notamment au sein de la majorité présidentielle, qui dénonce une « démagogie » et un « retour à la guillotine fiscale ». En revanche, des associations écologistes et des syndicats saluent des propositions « audacieuses » et « nécessaires ».
Marine Tondelier conclut en appelant à un « front commun » des forces progressistes pour porter ces idées, et à une mobilisation massive le 4 août 2026, jour symbolique, pour « faire de l'écologie la cause de tous ».



