Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie Les Verts, a vivement critiqué la gestion des incendies par l'État, évoquant une « responsabilité lourde » et appelant à une réunion de crise transpartisane. Dans une déclaration publiée ce jeudi, elle pointe un manque de préparation et de moyens face à des feux de forêt qui ont déjà ravagé des milliers d'hectares.
Une accusation sans précédent
« L'État n'a pas pris la mesure de l'urgence climatique et de ses conséquences sur les feux de forêt », a déclaré Marine Tondelier. Selon elle, les récents incendies dans le sud de la France et en Corse démontrent une « carence chronique » en matière de prévention et de lutte. Elle estime que le gouvernement a sous-estimé l'ampleur du phénomène, malgré les alertes répétées des scientifiques et des associations environnementales.
Les chiffres officiels indiquent que près de 60 000 hectares ont déjà brûlé en France cette année, soit une augmentation de 40 % par rapport à la moyenne des dix dernières années. Une situation que Marine Tondelier qualifie de « dramatique » et qui exige une réponse politique à la hauteur.
Une réunion transpartisane réclamée
La secrétaire nationale d'EELV propose la tenue d'une « réunion de crise transpartisane » réunissant l'ensemble des forces politiques, des élus locaux, des associations de protection de la nature et des représentants des services de secours. « Il est urgent de sortir des querelles partisanes et de mettre en place une stratégie nationale cohérente », a-t-elle insisté. Cette initiative vise à élaborer un plan d'action commun pour faire face à la multiplication des incendies, accentuée par le réchauffement climatique.
Un contexte politique tendu
Cette prise de position intervient alors que le gouvernement est sous le feu des critiques pour sa gestion des catastrophes naturelles. Plusieurs élus locaux, notamment dans les régions touchées, ont dénoncé le manque de moyens aériens et humains. Marine Tondelier a également rappelé que les coupes budgétaires dans les effectifs des sapeurs-pompiers et de l'Office national des forêts ont affaibli la capacité de réponse.
L'appel à une réunion transpartisane a reçu le soutien de plusieurs formations politiques de gauche et d'élus écologistes, mais reste pour l'instant sans réponse de l'exécutif. Le ministre de l'Intérieur, interrogé, s'est contenté de rappeler les mesures déjà prises, sans commenter directement la proposition.
Des conséquences durables
Au-delà de l'urgence immédiate, Marine Tondelier insiste sur les impacts à long terme des incendies sur la biodiversité, la qualité de l'air et le tourisme. « Chaque hectare brûlé est une perte irréparable pour notre patrimoine naturel et un coût économique colossal », a-t-elle souligné. Elle appelle à un plan de reboisement massif et à une révision des politiques d'aménagement du territoire pour limiter les risques.
Cette intervention de Marine Tondelier s'inscrit dans un contexte plus large de mobilisation des écologistes sur les questions climatiques. Alors que la France connaît des épisodes de sécheresse de plus en plus sévères, la question des incendies devient un enjeu politique central, susceptible de peser sur les prochaines échéances électorales.



