Le tribunal administratif de Montpellier doit rendre ce jeudi 24 septembre sa décision concernant la corrida programmée samedi 10 octobre à Palavas-les-Flots, avec le matador Morante de la Puebla. Trois associations anti-corrida ont saisi le juge des référés en urgence pour obtenir l'annulation du spectacle tauromachique, estimant que le maire aurait dû user de ses pouvoirs de police pour l'interdire.
Une audience sous tension ce mercredi
L'audience s'est tenue mercredi matin devant le tribunal administratif de Montpellier. Les associations Alliance Anti-Corrida, Comité radicalement Anti-Corrida (Crac-Europe), One Voice et Stéphane Lamart contestent l'organisation de cette course de toros dans les arènes Manuel-Benitez "El Cordobés" de la commune, qui font l'objet d'une délégation de service public confiée à la société Vincent Ribera organisation.
Leurs avocats reprochent au maire de Palavas, Christian Jeanjean, de ne pas faire usage de ses pouvoirs de police pour interdire la tenue de l'événement. Ils fondent leur recours sur l'interruption de la tradition tauromachique espagnole dans la station, interrompue en 2017 lorsque l'édile avait déclaré arrêter ce type de spectacle en raison de leurs coûts.
La question de la tradition tauromachique au cœur du débat
Me Raphaël Belaïche, avocat d'Alliance Anti-Corrida, affirme : "Certains spectacles ont été maintenus mais ils ne sont pas assimilables à la corrida." Il cite la décision judiciaire prise pour la commune de Pérols en 2024, sur la base de cette interruption de tradition. "Cette interruption est réelle dans l'espace géographique de Palavas où la corrida n'est plus pratiquée. À Mauguio aussi", ajoute-t-il, demandant au tribunal d'enjoindre au maire de Palavas de prendre des mesures dans les 48 heures pour empêcher l'organisation du rendez-vous.
Pour le Crac-Europe, Me Hélène Thouy plaide également l'interruption d'une tradition locale : "On ne peut pas faire un pêle-mêle de toutes les traditions taurines. Les capeas et les tientas, ce n'est pas la même tradition, elles n'ont rien à voir en termes de gravité d'atteinte aux animaux."
Cette appréciation est contestée par Me Emmanuel Durand, représentant de la société Vincent Ribera, selon lequel ces spectacles taurins illustrent la continuité d'une tradition locale. Pour la commune, Me Jérôme Jeanjean, également conseiller municipal, a demandé l'irrecevabilité des requêtes, le maire Christian Jeanjean n'étant pas à l'origine de l'organisation de la course du 10 octobre. "Ils essaient de réduire la tauromachie espagnole à la corrida", ajoute-t-il.
Une procédure parallèle devant le juge judiciaire
Parallèlement à ce recours administratif, Me Raphaël Belaïche a indiqué qu'une procédure avait également été engagée devant le juge judiciaire, toujours dans le cadre d'une procédure d'urgence. L'audience est programmée le 7 octobre prochain.
Le juge des référés du tribunal administratif rendra sa décision ce jeudi 24 septembre dans la journée. Les aficionados devront donc patienter avant de savoir si la corrida tant attendue pourra se dérouler.
Une affiche rare pour le retour de Morante
Pour son retour à la corrida après près de dix ans d'absence, Palavas-les-Flots voulait frapper fort. Le samedi 10 octobre à 16 heures, les arènes Manuel-Benitez "El Cordobés" doivent accueillir un mano a mano entre Morante de la Puebla et le Nîmois Clemente, face à six toros issus de six élevages différents. Une affiche rare car le maestro sévillan ne s'est pas produit dans une arène française cette année : Palavas sera sa seule apparition hexagonale en 2026.
De quoi attirer les aficionados bien au-delà du seul littoral montpelliérain. Et peut-être remplir les arènes, comme en 2011 : le 8 mai, la corrida de Robert Margé avec El Juli, Juan Bautista et Sébastien Castella avait affiché un "no hay billetes". Mais il faudra attendre la décision du tribunal administratif avant que les aficionados ne jubilent.



