Le 30 septembre prochain, Robert Ménard comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Montpellier pour avoir refusé de marier un homme sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) en juillet 2023. Alors qu'il encourt jusqu'à cinq ans de prison, 75 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité, la composition des témoins cités à comparaître en sa faveur est désormais connue. Selon les informations de Midi Libre, trois personnalités politiques ont accepté de se rendre à la barre, tandis que le président de la République, Emmanuel Macron, a fait savoir qu'il ne viendrait pas.
Trois témoins de poids pour la défense du maire de Béziers
D'après les éléments recueillis par Midi Libre, Bruno Retailleau, actuel président du parti Les Républicains et ancien ministre de l'Intérieur, sera l'un des témoins cités à comparaître. Il n'était pas en fonction au moment du refus de mariage, mais sa présence à l'audience est confirmée. À ses côtés, David Lisnard, président de l'Association des maires de France (AMF) et membre du parti Nouvelle Énergie, a également été cité. Enfin, le sénateur Stéphane Demilly (Union centriste), à l'origine de la proposition de loi adoptée par le Sénat visant à lutter contre les mariages simulés ou arrangés, complète cette liste de trois témoins.
Ces témoignages interviennent dans un contexte où la question des mariages de personnes en situation irrégulière est au cœur des débats politiques. Robert Ménard, qui a fait de cette affaire un symbole de son combat contre l'immigration irrégulière, espère ainsi étayer sa défense devant les juges montpelliérains.
Emmanuel Macron décline l'invitation de Robert Ménard
Robert Ménard avait publiquement exprimé son souhait de voir le chef de l'État témoigner en sa faveur. « Je vais demander au chef de l'État de venir témoigner pour moi », avait-il déclaré à nos confrères de LCI. En mai 2025, Emmanuel Macron avait qualifié la situation du maire de Béziers d'« ubuesque », reprenant à son compte les termes employés par l'édile. Cependant, selon les informations de Midi Libre, le président de la République n'a pas répondu personnellement à Robert Ménard. Son cabinet a fait savoir que le chef de l'État ne se rendra pas au tribunal de Montpellier le 30 septembre.
Cette décision, bien que décevante pour Robert Ménard, n'empêchera pas la tenue du procès. L'audience devrait permettre de clarifier les circonstances du refus de mariage, qui avait suscité de vives réactions politiques et médiatiques. Le couple concerné, Eva et Mustapha, s'est finalement marié en Algérie trois ans après les faits, comme l'a rapporté Midi Libre.
Un procès très attendu dans l'Hérault
Le procès de Robert Ménard est suivi de près dans la région, mais aussi au niveau national. Il intervient après une série d'articles publiés par Midi Libre sur cette affaire, qui a mis en lumière les tensions autour de l'application des OQTF et des mariages de personnes en situation irrégulière. Le 30 septembre, le tribunal correctionnel de Montpellier devra déterminer si le maire de Béziers a enfreint la loi en refusant de célébrer ce mariage.
Les témoignages de Bruno Retailleau, David Lisnard et Stéphane Demilly pourraient peser dans la balance, notamment sur la question de la légalité du refus et des pressions politiques éventuelles. Le verdict, attendu dans la foulée, pourrait avoir des répercussions sur la jurisprudence en matière de mariage et d'immigration, ainsi que sur la carrière politique de Robert Ménard.



