Étang d'Ingril : un arrêté contesté par tous les usagers
Étang d'Ingril : arrêté contesté par tous les usagers

Le nouvel arrêté de la préfecture maritime de la Méditerranée, encadrant les usages et activités nautiques sur l’étang d’Ingril, est entré en vigueur lundi 29 juin. Loin d’apaiser les tensions, ce texte suscite le mécontentement général parmi les acteurs concernés.

Un compromis qui ne satisfait personne

Bertrand Wendling, du comité régional des pêches maritimes et des élevages marins, qualifie la solution de "compromis qui ne satisfait personne, mais qui permet cependant de répondre aux contraintes de tous". Le dispositif, présenté comme "transitoire", est conditionné à une étude de capacité de charge, dont le financement incombe aux associations de vol libre. Wendling s’interroge sur la faisabilité du contrôle de la fréquentation et anticipe un retour aux mêmes blocages si la mesure est appliquée.

Les associations divisées

Claude Lachello, président de l’association de chasse maritime de l’étang d’Ingril, reconnaît que les revendications de son organisation, exprimées lors de la commission nautique locale du 26 mai, ont été prises en compte. "Si l’arrêté autorise enfin le retour de la plaisance et de la chasse marine, je crains que la réglementation encadrant un éventuel retour du kitesurf libre soit difficile à faire respecter sur le terrain", déclare-t-il.

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Du côté de l’association Entre mer et étangs, le président Philippe Tijeras s’inquiète pour les riverains pratiquant le kitesurf, qui pourraient être privés de cette activité, entraînant une perte économique pour la commune. "Le partage de l’étang a bien fonctionné pendant des décennies. J’espère que le bon sens l’emportera pour le bien de Frontignan. Au final, tout le monde risque d’être perdant", commente-t-il.

Le TKC conteste les arguments de l'arrêté

Pour le TKC (club de kitesurf local), les arguments avancés dans l’arrêté – risque maritime avéré et gêne manifeste de l’activité de pêche professionnelle – ne résistent pas à l’examen. Sa présidente, Delphine Termignon, conteste l’existence d’un quelconque risque maritime sur l’étang, ainsi que la réalité de la gêne invoquée à l’égard des pêcheurs. "On compte actuellement entre 30 à 40 personnes sur l’eau alors qu’il y a quinze ans, il y en avait plus d’une centaine et que les pêcheurs ne rencontraient aucune difficulté pour travailler", relève-t-elle.

Un recours en justice engagé

Delphine Termignon estime que c’est à la préfecture qu’il revenait de produire une étude avant de prendre son arrêté, et non l’inverse. "On marche sur la tête", considère-t-elle. À ses yeux, la période transitoire n’est "qu’une façon élégante d’enterrer le sujet et de nous laisser sur le carreau. Pour nous, c’est un abus manifeste de pouvoir. Nous avons donc engagé un avocat pour saisir le tribunal administratif".

Vers un précédent pour d'autres plans d'eau ?

Reste une question en suspens : l’étang d’Ingril pourrait-il servir de test avant l’instauration de quotas sur les autres plans d’eau ? L’issue de ce conflit pourrait en effet faire jurisprudence pour la gestion des activités nautiques en Méditerranée.

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