Congé naissance : aides méconnues pour les nouveaux parents
Aides méconnues pour les jeunes parents après la naissance

Depuis le 1er juillet 2021, le congé de naissance est passé de 11 à 25 jours pour les pères et les co-parents. Une mesure saluée par les associations familiales, mais qui reste méconnue dans ses détails. En parallèle, d'autres aides destinées aux nouveaux parents sont souvent ignorées, faute d'information suffisante.

Le congé de naissance étendu mais peu utilisé

Selon une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) publiée en mars 2023, seuls 67% des pères éligibles ont pris l'intégralité de leur congé de naissance en 2022. Un chiffre en hausse par rapport à 2020 (44%), mais qui montre une marge de progression. « Beaucoup de pères ignorent qu'ils peuvent le fractionner ou le reporter », explique Marie-Claire Dupont, secrétaire générale de l'Union nationale des associations familiales (UNAF).

L'allocation de base, un coup de pouce sous conditions

L'allocation de base de la prestation d'accueil du jeune enfant (PAJE) est versée sous conditions de ressources. Son montant s'élève à 184,62 euros par mois jusqu'aux 3 ans de l'enfant, ou jusqu'à 6 ans en cas d'adoption. « Près de 30% des familles éligibles ne la demandent pas, souvent par méconnaissance », indique la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF). Pour en bénéficier, il faut déclarer la naissance dans les deux mois suivant l'arrivée de l'enfant.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Le complément de libre choix d'activité, une aide pour les parents qui réduisent leur temps de travail

Le complément de libre choix d'activité (CLCA) permet de percevoir une allocation si le parent réduit ou cesse son activité professionnelle pour s'occuper de l'enfant. Son montant varie de 398,30 euros (pour une activité à temps partiel) à 795,52 euros (pour une cessation totale). En 2022, environ 150 000 parents en ont bénéficié, selon la CNAF. « Ce dispositif est particulièrement utile pour les mères qui souhaitent allaiter plus longtemps, mais il est aussi ouvert aux pères », souligne la CNAF.

Le congé parental d'éducation, un droit méconnu

Le congé parental d'éducation (CPE) permet de suspendre son contrat de travail pour élever son enfant, sans rémunération mais avec une protection contre le licenciement. Il peut être pris jusqu'aux 3 ans de l'enfant. « Seuls 12% des pères y ont recours, contre 88% des mères », note une étude du ministère du Travail de 2021. Ce déséquilibre s'explique en partie par les différences de salaires et les stéréotypes de genre.

Les aides locales et les dispositifs d'entreprise

Certaines collectivités territoriales proposent des aides complémentaires, comme des chèques-cadeaux ou des bons d'achat pour les nouveau-nés. Par exemple, la ville de Rennes offre un « pack naissance » de 200 euros pour les familles modestes. Côté entreprises, des accords de branche peuvent prévoir des jours de congé supplémentaires ou des aménagements horaires. « Il est important de se renseigner auprès de son employeur ou de sa mutuelle », conseille l'UNAF.

Un impact économique et social significatif

Selon un rapport de l'Observatoire des inégalités de 2022, les aides à la parentalité représentent en moyenne 15% du budget des familles avec un enfant de moins de 3 ans. Une meilleure connaissance de ces dispositifs pourrait réduire la précarité des jeunes parents. « Le non-recours aux droits sociaux est un fléau, notamment pour les familles monoparentales », conclut Marie-Claire Dupont.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale