La Réunion submergée par le dou, une nouvelle drogue de synthèse dévastatrice
La Réunion submergée par le dou, nouvelle drogue de synthèse

L'île de La Réunion est confrontée à une crise sanitaire majeure liée à l'émergence du dou, une nouvelle drogue de synthèse qui provoque des ravages parmi la population. Selon les autorités locales, le nombre de consommateurs a explosé ces derniers mois, submergeant les services de santé et de sécurité. « Nous sommes submergés par ce phénomène », a déclaré le préfet de La Réunion, Jérôme Filippini, lors d'une conférence de presse le 26 juin 2026.

Une drogue aux effets dévastateurs

Le dou, également connu sous le nom de « drogue du zombie », est un mélange de substances synthétiques, principalement des cannabinoïdes de synthèse et des opioïdes. Ses effets sont rapides et violents : hallucinations, paranoïa, comportements agressifs, et dans les cas les plus graves, coma ou décès. Les services d'urgence de l'île ont enregistré une augmentation de 300 % des admissions liées à la consommation de dou depuis le début de l'année 2026, avec plus de 500 cas recensés entre janvier et mai.

Une propagation alarmante

Le dou a fait son apparition à La Réunion il y a environ un an, mais sa propagation a été exponentielle. Les autorités estiment que près de 10 000 personnes seraient régulièrement consommatrices de cette drogue sur une population totale de 870 000 habitants. Les jeunes sont particulièrement touchés, avec une prévalence élevée dans les quartiers défavorisés de Saint-Denis, Saint-Paul et Saint-Pierre. « C'est un phénomène de société qui touche toutes les classes sociales, mais les plus vulnérables sont les plus exposés », a souligné le docteur Franck Gervaise, chef du service des urgences du CHU de La Réunion.

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Les causes de l'essor du dou

Plusieurs facteurs expliquent l'essor du dou à La Réunion. Son prix très bas – environ 5 euros la dose – le rend accessible à tous, y compris aux adolescents. De plus, sa fabrication artisanale à partir de produits chimiques facilement disponibles permet une production locale et massive. Les trafiquants exploitent également les réseaux sociaux pour recruter de nouveaux consommateurs et organiser la vente. « Le dou est devenu un fléau car il est facile à produire et à distribuer, et ses effets sont immédiats », a expliqué le commissaire divisionnaire Jean-Marc Giraud, chef de l'Office anti-stupéfiants de La Réunion.

Les conséquences sanitaires et sociales

Les conséquences de cette consommation massive sont dramatiques. Les hôpitaux sont saturés, les services psychiatriques débordés, et les décès par overdose se multiplient. Au moins 30 décès directement attribués au dou ont été recensés depuis janvier 2026. Par ailleurs, la violence liée à la drogue augmente : agressions, rixes entre dealers, et violences familiales. Les forces de l'ordre ont saisi plus de 200 kilos de dou en six mois, mais la production semble inépuisable.

Les mesures d'urgence mises en place

Face à cette situation, les autorités ont déclenché un plan d'urgence. Le préfet a annoncé le déploiement de 50 policiers supplémentaires spécialisés dans la lutte contre les stupéfiants, ainsi que la création d'une cellule de crise interministérielle. Des campagnes de prévention sont lancées dans les écoles et les quartiers sensibles, et des centres de désintoxication sont renforcés. « Nous devons agir vite pour endiguer cette vague. La mobilisation de tous est nécessaire : État, collectivités, associations et familles », a insisté le préfet Filippini.

Un appel à la solidarité nationale

Les élus locaux réclament une aide renforcée de l'État. La députée de La Réunion, Nathalie Bassire, a interpellé le gouvernement pour obtenir des moyens supplémentaires, notamment en matière de santé et de justice. « La Réunion est en première ligne face à ce nouveau fléau. Nous avons besoin de moyens humains et financiers à la hauteur de l'enjeu », a-t-elle déclaré. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a promis une réponse ferme et rapide, avec un renforcement des contrôles aux frontières et une coopération accrue avec les pays voisins pour démanteler les filières d'approvisionnement.

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Une situation qui inquiète au-delà de l'île

L'émergence du dou à La Réunion suscite l'inquiétude dans l'Hexagone et en Europe. Les experts redoutent une diffusion de cette drogue sur le continent. « Ce qui se passe à La Réunion pourrait être un signe avant-coureur pour la métropole. Il faut tirer les leçons de cette crise et renforcer la prévention », a averti le professeur Michel Reynaud, addictologue. L'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a déjà lancé une alerte et suit de près l'évolution de la situation.