Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad Ibn Ziaten, premier militaire assassiné à Toulouse par Mohammed Merah en 2012, a pris la parole lundi sur son compte X pour dénoncer la polémique autour du port du voile et de l'interdiction de l'abaya à l'école. Elle affirme porter un foulard et être fière d'être citoyenne française, tout en s'opposant à la proposition du Rassemblement national de soumettre les femmes voilées à des amendes dans la sphère publique.
Une prise de position contre la stigmatisation
Dans un message posté sur X, Latifa Ibn Ziaten explique avoir été contactée par plusieurs journaux et chaînes de télévision, mais avoir attendu avant de répondre, car elle est « profondément triste » de cette situation. Elle déclare : « Je porte un foulard. Et je suis fière d'être une citoyenne française. Depuis des années, je me bats pour les valeurs de la République, pour la liberté, la fraternité, le respect et la paix. »
Fondatrice de l'association « IMAD pour la jeunesse et la paix », elle rappelle son engagement auprès des jeunes contre la radicalisation, la haine et la violence. « Et je fais tout cela avec mon foulard. Mon foulard ne m'empêche pas d'être Française. Il ne m'empêche pas d'aimer mon pays. Il ne m'empêche pas de défendre la République », ajoute-t-elle.
Une critique de la division et de la haine
Latifa Ibn Ziaten exprime sa tristesse face à une polémique qui, selon elle, crée « encore plus de haine et de division entre notre peuple ». Elle souligne que pendant que le débat se concentre sur le foulard, des personnes dorment dans la rue, et s'interroge : « Où est passée la liberté de notre pays ? » Elle précise que la France qu'elle aime n'est pas celle qui oppose les citoyens les uns aux autres, mais une France de l'inclusion, du respect et de la paix.
Cette prise de position intervient après les propos du député Jean-Philippe Tanguy, qui avait évoqué fin août le projet du Rassemblement national d'infliger des amendes aux femmes portant le voile dans la sphère publique. Une proposition vivement critiquée pour son atteinte à la liberté religieuse et pour son applicabilité pratique par les policiers.
La réaction de Jean-Philippe Tanguy
Interrogé sur BFMTV ce mardi, Jean-Philippe Tanguy a répondu à la critique de Latifa Ibn Ziaten en déclarant : « Son voile ne rentre pas dans la définition du voile islamiste. » Cette remarque semble distinguer le port du voile de certaines femmes de celui associé à l'islamisme radical, mais la polémique reste vive.
La mobilisation de Latifa Ibn Ziaten, figure respectée pour son travail de paix et de mémoire, ajoute une voix importante au débat sur la laïcité et la liberté religieuse en France, alors que la rentrée politique est marquée par ces tensions autour des tenues des femmes musulmanes.



