Abbaye Saint-Félix : l'Agglo confie le site à Passe Muraille, l'association historique s'indigne
Abbaye Saint-Félix : Passe Muraille remplace l'association historique

À partir d'avril 2027, l'association Passe Muraille assurera la mise en valeur de l'abbaye Saint-Félix de Montceau, à Gigean, dans l'Hérault. Cette décision, annoncée par Sète Agglopôle Méditerranée en fin de semaine, met fin à plus de cinq décennies d'engagement de l'association de sauvegarde fondée par Luc Routier. Cette dernière, qui a appris la nouvelle par un courrier du 12 octobre, dénonce un manque de concertation et demande une procédure de conciliation.

Une décision motivée par la préservation et l'accueil du public

Dans un communiqué, l'Agglo de Sète justifie ce choix par la volonté de « réunir les meilleures conditions en matière de préservation, de sécurité et d'accueil du public ». Selon l'institution, cette nouvelle orientation « permettra d'articuler la restauration du monument, la préservation de son cadre naturel et la modernisation des visites ».

L'Agglopôle met en avant l'expérience de Passe Muraille dans « la préservation du patrimoine bâti, la création de parcours de découverte et la conduite de chantiers d'insertion professionnelle ». Ses équipes pluridisciplinaires, spécialisées en ingénierie culturelle, muséographie et développement territorial, devront entretenir le monument, valoriser les paysages environnants et proposer des actions culturelles variées.

Loïc Linares, président de Sète agglopôle méditerranée, « salue le travail de sauvegarde mené pendant plusieurs décennies par l'association Abbaye Saint-Félix de Montceau et ses bénévoles ». Il ajoute : « Aujourd'hui, face à la montée en charge des enjeux de conservation, de sécurité et d'accueil des publics, il est de notre responsabilité d'amorcer un nouveau chapitre. »

Guilhem Routier, président de l'association de sauvegarde, exprime sa stupeur

Guilhem Routier, qui a repris la présidence de l'association de sauvegarde début octobre après 56 ans d'engagement de son père Luc Routier, a du mal à accepter cette décision. « Notre association a reçu le 13 octobre le courrier daté du 12 octobre par lequel Sète Agglopôle Méditerranée lui notifiait le non-renouvellement de la convention », confirme-t-il. Ce courrier ne mentionnait pas le nom de Passe Muraille.

Il regrette que son association n'ait été « ni informée, ni consultée » sur ce choix. Depuis la réunion du 31 août, assure-t-il, « nous avons pourtant scrupuleusement respecté les demandes de l'Agglopôle concernant la validation préalable des manifestations, la sécurité et la communication, notamment l'utilisation de son logo ».

Il rappelle également que la conférence de Thomas Brail du 12 septembre et la première édition de Mots & Merveilles ont été financées sur fonds propres, sans soutien financier spécifique de l'Agglopôle, ni présence de ses représentants, malgré les invitations pour la passation de présidence.

Des tensions persistantes et une demande de conciliation

Selon nos informations, des différends existent entre les parties. La personnalité de Guilhem Routier aurait du mal à passer auprès des élus locaux. Le travail de l'association de sauvegarde a été remis en question à plusieurs reprises, notamment par la Drac et la préfecture de l'Hérault. Guilhem Routier préfère ne pas s'exprimer sur ce sujet, insistant sur le combat et l'abnégation de son père et des bénévoles pour préserver l'abbaye.

Si l'association de sauvegarde ne remet pas en cause les compétences de Passe Muraille, elle s'interroge sur « la méthode employée et sur cette décision déjà arrêtée sans dialogue préalable ». Elle a demandé la mise en œuvre d'une procédure de conciliation prévue par la convention qui la lie jusqu'en avril 2027 avec Sète Agglo, afin de « clarifier les motifs, la chronologie et les conditions de ce brusque changement de cap ».

Le maire de Gigean, Marcel Stoecklin, reconnaît que l'association « a fait un bon boulot » et comprend leur déception, mais il estime que « la convention arrivait à son terme et il fallait passer à une autre étape, avec d'autres moyens pour se conformer aux recommandations de la Drac ».