Zmel de Pampelonne : fréquentation triplée mais rentabilité encore lointaine
Zmel Pampelonne : fréquentation triplée, rentabilité lointaine

La deuxième saison de la zone de mouillage léger (Zmel) de Pampelonne affiche une fréquentation presque triplée par rapport à 2025, mais l'exploitant Luca Garibaldi reconnaît que l'équilibre financier n'est toujours pas atteint. Malgré des résultats encourageants, le chiffre d'affaires de 2026 ne suffira pas à combler le déficit accumulé, et l'avenir dépendra du renouvellement éventuel de l'abattement de 50 % sur la redevance fixe annuelle accordé l'année dernière par l'État et le conseil municipal de Ramatuelle.

Une saison 2026 marquée par une nette progression

La zone de mouillage léger de Pampelonne, dont la création a nécessité 7,5 millions d'euros d'investissement avec une part de fonds publics, a connu des débuts difficiles en 2025. La météo capricieuse avait retardé les travaux d'installation, empêchant une ouverture en juin, et les trois premiers mois d'exploitation ont été marqués par une faible adoption du nouveau fonctionnement par les usagers. La saison s'était clôturée sur un chiffre d'affaires d'un peu plus de 300 000 euros et un déficit de plus de 600 000 euros.

Pour lancer l'été 2026 sur de meilleures bases, le nouveau responsable d'exploitation, Luca Garibaldi, a entièrement revu l'organisation interne. « On a optimisé la gestion avec des outils plus adaptés et du personnel qualifié. Nous sommes passés de 12 à 6 personnes dans l'équipe, ce qui nous a permis de réduire les dépenses », explique-t-il. Cette réduction des effectifs a été accompagnée d'un effort de « marketing stratégique » : démarchage des professionnels du secteur, interviews dans les magazines spécialisés, et une présence élargie dans les agences de yachting à Cannes, Antibes, Nice et Monaco.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

L'arrêté interpréfectoral, un déclencheur décisif

Le véritable tournant est venu d'un arrêté interpréfectoral pris le 3 juin, qui a réduit les conditions de mouillage forain sur la zone sableuse au sud. Désormais, seuls les bateaux de 24 à 45 mètres sont autorisés à jeter l'ancre en été sur cette partie, contre 24 à 80 mètres l'année dernière. « Les unités de plus de 45 mètres se sont donc reportées chez nous », constate Luca Garibaldi. Cette mesure a considérablement augmenté la fréquentation de la Zmel.

L'exploitant souligne que la Zmel est le fruit d'une réflexion menée par l'État et la commune depuis 15 ans. L'État a d'ailleurs participé à hauteur de 3,2 millions d'euros via une subvention de l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse sur le total de 7,5 millions d'euros d'investissement. « Il est normal qu'ils suivent la bonne tenue du projet. Maintenir ce grand espace gratuit à côté de la Zmel, ça ne pouvait pas fonctionner », affirme Luca Garibaldi. Interrogé sur la possibilité de rendre toute la baie payante, il rejette fermement cette idée : « C'est hors de question. On est passé du tout gratuit sur le parking, le plan d'eau et la plage, à plus d'encadrement en quelques années. Encadrer, ça demande des frais. Le nouveau fonctionnement commence à rentrer dans les mœurs mais il faut du temps. »

Des chiffres de fréquentation en hausse mais des défis persistants

Alors qu'il reste encore un mois d'exploitation (jusqu'au 7 octobre), les chiffres de fréquentation sont presque trois fois supérieurs à ceux de l'année dernière. Luca Garibaldi détaille : « La zone D, réservée aux résidents avec des contrats à la saison, est remplie au 4/5. 30 des 37 places de la zone E, devant les plages, sont prises. Sur les zones A, B et C, nous avons atteint la moitié de la capacité, 30/60, dans les meilleurs jours. On a encore une vraie marge d'amélioration. »

Sur le plan technique, l'exploitant se félicite de « zéro accident, aucun souci ». Cependant, la vocation environnementale de la Zmel, qui vise à protéger la posidonie, est rappelée chaque jour par les manquements de certains plaisanciers. « Il arrive qu'ils tentent de jeter l'ancre au milieu de la zone de mouillage. On prévient la brigade nautique tout de suite, qui ne les sanctionne pas automatiquement mais passe d'abord par de la prévention et des explications », précise-t-il.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Vers une sortie du déficit ?

Malgré ces résultats encourageants, le chiffre d'affaires de 2026 n'est pas encore fixé, mais il ne suffira pas à sortir du déficit. L'année dernière, l'État et le conseil municipal de Ramatuelle ont accordé un abattement de 50 % sur la redevance fixe annuelle, et la question de son renouvellement reste en suspens. « Nous sommes en bonne voie pour sortir du négatif. On peut encore s'améliorer et revoir notre organisation », estime Luca Garibaldi.

Le responsable de l'exploitation envisage notamment un élargissement des horaires d'activité, la Zmel étant actuellement ouverte de 8 h à 22 h. « J'ai beaucoup de clients qui aimeraient rester la nuit. Actuellement, les bateaux quittent la baie le soir pour aller engorger le golfe qui est déjà saturé. Je comprends la réticence par rapport aux résidents et la faune sous-marine, mais sur la zone sableuse qui est occupée la nuit, il n'y a aucune nuisance. Et la baie reste sous la surveillance du sémaphore du Cap Camarat et de la brigade nautique municipale », conclut-il.