Projet d'eau Corrèze-Charente jugé financièrement inaccessible par les autorités
Projet eau Corrèze-Charente jugé financièrement inaccessible

Un projet de transfert d'eau colossal jugé financièrement hors de portée

Le projet pharaonique visant à puiser de l'eau en Corrèze pour approvisionner le fleuve Charente, via la Vienne, est désormais considéré comme financièrement « inaccessible » par les autorités locales. Cette déclaration a été faite mercredi par Jérôme Sourisseau, président du département de la Charente, lors d'une conférence de presse à Tulle avec ses homologues de Corrèze et de Charente-Maritime.

Un besoin crucial face au dérèglement climatique

Étudié depuis un an par l'agence de l'eau Adour-Garonne, ce projet part d'un constat alarmant. D'ici 2050, le bassin de la Charente aura besoin de 100 millions de m3 d'eau supplémentaires pour garantir les activités humaines, agricoles et industrielles. Cette nécessité s'explique par les effets du dérèglement climatique, qui devraient entraîner une baisse des débits des cours d'eau de 30 à 40 % en période d'étiage au cours des vingt-cinq prochaines années.

Un coût prohibitif de 600 millions d'euros

Le principal obstacle identifié est le coût exorbitant du projet, évalué à 600 millions d'euros. « Vu notre situation financière, c'est inaccessible », a insisté Jérôme Sourisseau. Cette position a été partagée dans un communiqué par les départements de la Charente-Maritime et de la Charente, via l'EPTB Charente, qui ont indiqué « prendre acte » des conclusions des études et souhaitent se concentrer sur des sujets relevant de leur périmètre de compétence.

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Des alternatives locales privilégiées

Face à cette impasse financière, les autorités explorent désormais des solutions plus locales et abordables. Mickaël Villéger, président de Charente Eaux et vice-président du département, a déclaré : « On va regarder des solutions plus proches de nous ». Parmi les pistes envisagées :

  • Rehausser la Touvre, un affluent de la Charente, avec des digues amovibles pour mieux soutenir l'étiage.
  • Désenvaser le lac de Lavaud, une retenue d'eau pour la Charente, afin de gagner des millions de m3 d'eau à moindre coût.

Cette orientation fait écho aux critiques antérieures, comme celle d'Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, qui avait estimé en avril 2025 que ce projet, soutenu par Pascal Coste, président du département de la Corrèze, « serait un échec ».

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