Deux ouvriers d'une société de travaux ont été mis en examen, vendredi 17 juillet, pour leur rôle présumé dans les incendies qui ont ravagé 30 hectares de forêt à Fontainebleau, en Seine-et-Marne, cette semaine. Les faits se sont déroulés entre mardi et jeudi, nécessitant l'intervention de centaines de pompiers.
Les circonstances de l'incendie
Selon le parquet de Melun, les deux hommes, âgés de 24 et 37 ans, travaillaient pour une entreprise sous-traitante chargée de travaux de maintenance sur une ligne électrique à haute tension traversant la forêt. L'enquête préliminaire a établi que les ouvriers utilisaient une meuleuse pour couper des câbles, ce qui aurait provoqué des étincelles. Ces dernières auraient enflammé la végétation sèche, déclenchant un feu qui s'est rapidement propagé.
Les incendies ont mobilisé plus de 200 sapeurs-pompiers, des Canadairs et des hélicoptères bombardiers d'eau. Les flammes ont menacé plusieurs habitations, mais aucune n'a été détruite. Une trentaine de personnes ont dû être évacuées par précaution.
Les conséquences juridiques
Les deux ouvriers ont été placés en garde à vue jeudi soir, puis présentés à un juge d'instruction vendredi. Ils ont été mis en examen pour "dégradation de bien par incendie ayant entraîné un danger pour les personnes" et "destruction de forêt par incendie". Le parquet a requis un contrôle judiciaire strict, incluant l'interdiction de travailler dans le domaine des travaux à risque et l'obligation de pointer régulièrement au commissariat.
L'avocat des mis en cause, Me Julien Dufour, a déclaré : "Mes clients sont choqués par cette accusation. Ils n'ont pas eu l'intention de provoquer un incendie. Ils suivaient les procédures de sécurité habituelles. Nous allons démontrer que les conditions météorologiques exceptionnelles (canicule, sécheresse) ont joué un rôle déterminant dans la propagation du feu."
Le contexte environnemental
La forêt de Fontainebleau, classée réserve de biosphère par l'UNESCO, est particulièrement vulnérable aux incendies en période de sécheresse. Selon Météo-France, le département de Seine-et-Marne était en vigilance orange canicule avec des températures dépassant les 38 °C. L'humidité de la végétation était tombée à des niveaux critiques, favorisant les départs de feu.
Cet incident relance le débat sur les risques liés aux travaux en forêt pendant les périodes à haut risque. La préfecture de Seine-et-Marne a annoncé le renforcement des contrôles des entreprises intervenant en milieu forestier.



