Le parquet de Nice a annoncé ce vendredi 17 juillet 2026 une avancée majeure dans l'enquête sur l'incendie meurtrier survenu dans le quartier des Moulins à Nice il y a deux ans. Un nouveau suspect, né à Nice en 2001, a été interpellé début juillet par le service interdépartemental de la police judiciaire (SIPJ) de Nice. Selon le procureur de la République Damien Martinelli, « six personnes sont mises en examen et placées en détention provisoire en France ».
Un rôle d'intermédiaire dans la préparation de l'incendie
Le parquet précise que les éléments réunis ont permis « d'envisager que l'intéressé avait pu jouer un rôle d'intermédiaire dans le cadre de la préparation des faits notamment quant à la localisation du lieu de l'incendie ». L'homme, qui aurait reconnu une implication relative, explique avoir été menacé. Il n'est pas inconnu de la justice : il a été « condamné à plusieurs reprises et notamment à une peine lourde pour des faits de violences avec arme », souligne le procureur. Il est également mis en examen « dans une procédure distincte pour des faits de vol en bande organisée et association de malfaiteurs ».
Deux autres suspects toujours en fuite
Deux autres suspects restent activement recherchés. Initialement localisés en Algérie et en Guinée-Bissau, ils font l'objet de mandats d'arrêt internationaux. Le premier avait été interpellé par les autorités algériennes le 23 avril 2025, mais aucune extradition vers la France n'a pu être envisagée, la convention d'extradition signée en 2019 entre les deux pays excluant réciproquement cette possibilité. Depuis, il est introuvable.
Le second suspect, possible commanditaire, domicilié à Nice et né en 1998 à Dakar (Sénégal), avait quitté le territoire français peu après l'incendie. Le parquet de Nice indiquait l'an passé que « dans le cadre de la coopération internationale, il avait été procédé à la localisation et à l'interpellation de l'intéressé à l'aéroport international Osvaldo Vieira en Guinée Bissao le 22 décembre 2024 ». Mais faute d'accord bilatéral d'extradition entre Paris et Bissau, les autorités guinéennes n'ont pas pu remettre le suspect à la justice française.
L'espoir d'une clôture de l'enquête d'ici fin 2026
Me Philippe Soussi, avocat des deux rescapés et de la famille des victimes, accueille « avec satisfaction » les dernières avancées. « Elles sont importantes dans la manifestation de la vérité » et « nourrissent l'espoir légitime des proches des victimes de voir toute la lumière être faite sur ces faits d'une particulière gravité », ajoute-t-il. Il salue « le travail rigoureux mené par le parquet de Nice, par les enquêteurs mobilisés sur cette procédure, ainsi que par le juge d'instruction, dont l'engagement permet à l'enquête de progresser avec sérieux et détermination ». Et conclut : « À ce stade de la procédure, on peut espérer que le dossier soit clôturé d'ici la fin de l'année 2026 ».



