Ouganda : abandon des poursuites contre deux femmes s'étant embrassées
Ouganda : fin des poursuites pour deux femmes embrassées

La justice ougandaise a abandonné les poursuites contre deux femmes accusées d'avoir enfreint la loi anti-LGBT en s'embrassant en public, ont annoncé leurs avocats vendredi 17 juillet. L'affaire avait suscité une vive émotion au sein de la communauté internationale et des défenseurs des droits humains.

Les deux femmes, âgées de 20 et 22 ans, avaient été arrêtées en juin dernier après avoir été filmées en train de s'embrasser dans un parc de Kampala, la capitale. Elles étaient poursuivies pour "actes homosexuels" en vertu de la loi anti-homosexualité de 2023, l'une des plus répressives au monde.

Abandon des charges faute de preuves

Selon leurs avocats, le tribunal de Kampala a ordonné l'abandon des charges "faute de preuves suffisantes". "Nous sommes soulagés que la justice ait reconnu l'absence d'éléments pour poursuivre nos clientes", a déclaré l'un de leurs avocats, Me John Okello. Les deux femmes ont été libérées et peuvent rentrer chez elles.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La loi ougandaise anti-homosexualité, promulguée en mai 2023, prévoit la peine de mort pour les "actes homosexuels aggravés" et des peines allant jusqu'à 20 ans de prison pour la simple "promotion de l'homosexualité". Cette législation a été condamnée par l'ONU, l'Union européenne et les États-Unis, qui ont imposé des sanctions à l'Ouganda.

Une victoire pour les défenseurs des droits LGBT

L'abandon des poursuites a été salué comme une victoire par les organisations de défense des droits humains. "C'est un signe que la loi peut être contestée et que la société civile ougandaise ne se laisse pas intimider", a réagi Frank Mugisha, militant LGBT ougandais de renom. Cependant, il a souligné que la loi reste en vigueur et que de nombreuses personnes sont encore menacées.

Selon des statistiques d'Human Rights Watch, plus de 300 personnes ont été arrêtées en Ouganda pour des infractions liées à l'orientation sexuelle depuis l'entrée en vigueur de la loi. Les deux femmes faisaient partie de celles-ci.

Appels à l'abrogation de la loi

Les Nations unies et plusieurs gouvernements occidentaux ont appelé à l'abrogation de la loi anti-LGBT ougandaise. "Cette loi est une violation flagrante des droits de l'homme et doit être abolie", a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. L'Ouganda, pays conservateur, reste sous pression internationale.

Pour l'instant, le gouvernement ougandais n'a pas commenté l'abandon des poursuites. Les deux femmes, dont l'identité n'a pas été divulguée pour des raisons de sécurité, ont exprimé leur soulagement mais restent prudentes face à l'avenir.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale