Le nouveau préfet des Alpes-Maritimes, Jean-Marie Girier, a pris ses fonctions ce lundi 27 juillet au Palais des Rois Sardes à Nice. Dès sa première conférence de presse, il a abordé la question brûlante de la sécheresse, en réaction à la décision de la ville d'Antibes de ne pas appliquer l'arrêté préfectoral imposant la fermeture des douches de plage.
Un arrêté contesté par Antibes
Vendredi 24 juillet, la préfecture a pris un nouvel arrêté sécheresse plaçant plusieurs communes en alerte renforcée, dont Antibes. Ce texte exige la fermeture des douches de plage pour économiser l'eau. Cependant, la municipalité d'Antibes a refusé de s'y conformer, invoquant des « raisons sanitaires » : permettre aux baigneurs de se rincer après la baignade pour éviter les souillures sur la peau. Elle a également souligné la présence de boutons-poussoirs limitant la consommation d'eau.
Jean-Marie Girier a indiqué qu'il rencontrerait la semaine prochaine le maire d'Antibes, Jean Leonetti. « Il ne faut pas opposer les usages, entre les usages agricoles, des touristes, des particuliers ; il va falloir que tout le monde fasse un effort et à commencer par respecter la règle », a-t-il déclaré, montrant sa fermeté sur l'application des mesures.
Une situation hydrique critique
Le préfet a dressé un constat alarmant de la ressource en eau dans le département. « Dans ces cinq dernières années, à quatre reprises, les préfets ont dû prendre des mesures de restriction. Cela signifie que l'on a une tension très forte à la fois sur le milieu naturel et sur notre capacité à nous fournir en eau potable », a-t-il expliqué. Actuellement, plus de 43 communes sont soumises à des restrictions, dont cinq en situation de crise. Il a prévenu : « Les mois d'août et septembre vont être encore extrêmement contraints sur la ressource en eau. »
Pour répondre à cette crise, Jean-Marie Girier souhaite lancer des « assises de l'eau » afin d'inscrire une politique publique sur le long terme. Il a appelé les administrés à la plus grande vigilance et au respect des restrictions.
Un préfet au parcours politique
Âgé de 42 ans, ce Lyonnais a un parcours marqué par la politique. Ancien adhérent du PS, il a rejoint le cabinet du maire de Lyon Gérard Collomb, puis participé à la création d'En Marche et dirigé la campagne d'Emmanuel Macron en 2017. Il a ensuite été directeur de cabinet de Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale. Il n'intègre la préfectorale qu'en 2020, devenant préfet du Territoire de Belfort, de la Vienne et des Pyrénées-Atlantiques avant d'arriver dans les Alpes-Maritimes.
Interrogé sur sa proximité avec le président Macron dans un département où la plupart des élus sont membres de LR, de l'UDR ou du RN, il a répondu : « Je ne suis pas un préfet politique, je suis un préfet de la République. Je suis là pour faire respecter l'État, l'État de droit et pour accompagner l'ensemble des projets des collectivités locales. » Il a promis impartialité, neutralité, équité et dialogue.
Priorités : sécurité et aménagement
Jean-Marie Girier a listé ses priorités : la sécurité, avec la lutte contre le narcotrafic et la criminalité organisée, la lutte contre l'immigration irrégulière, l'aménagement du territoire, le logement, l'adaptation au changement climatique et la coopération transfrontalière avec Monaco et l'Italie.
Il a entamé une série de rencontres avec les élus locaux. Lundi, il a reçu le maire de Nice et président de la métropole Nice Côte d'Azur, Eric Ciotti (UDR). Mardi 28 juillet, il se rend à Menton pour rencontrer la maire Alexandra Masson (RN) et visiter la frontière. Mercredi 29 juillet, il sera à Cannes avec le maire David Lisnard (Nouvelle Energie). Le soir de sa prise de fonction, il a programmé une visite dans les quartiers de l'Ariane et des Moulins à Nice, et il retournera mercredi aux Moulins pour rencontrer les policiers nationaux et municipaux.



