Le domaine de La Plaine, à Vic-la-Gardiole (Hérault), a entamé ses vendanges le 23 juillet 2026, une date inédite depuis sa création en 1988. Pour la famille Sala, productrice de Muscat de Frontignan, c'est la première fois que les sécateurs sortent en juillet. « À ce rythme, on va finir les vendanges quand, d’habitude, on les commençait », plaisante Francis Sala, cofondateur du domaine.
Un démarrage anticipé sous l'effet du climat
Depuis une dizaine d’années, les récoltes sont de plus en plus précoces. L’an dernier, le muscat à petits grains destiné au sec avait été récolté le 8 août. Mais cette année, la floraison et la nouaison avancées ont poussé la famille à anticiper. « On s’y attendait un peu », confie Christophe Sala, qui supervise les opérations depuis 7 heures du matin. Douze saisonniers récoltent le muscat à petits grains sur une parcelle d’un hectare et demi.
Une course contre la montre pour éviter le dessèchement
Le changement climatique se fait sentir : les grains sont plus petits que d’ordinaire, et le degré d’alcool potentiel grimpe vite. Lundi, certaines parcelles atteignaient déjà 13,5°. Pour le vin doux naturel, le vigneron attend généralement 14,5° à 15,5°. « Avec la chaleur, les degrés montent vite et les raisins risquent de cramer », s’inquiète Christophe Sala. Il envisage d’enchaîner directement la récolte du sec et du doux, sans pause. La décision sera prise samedi, au dernier pressoir.
Des vendanges à la main sur 15 hectares
Le domaine compte 15 hectares en production, répartis entre Vic-la-Gardiole et Frontignan, tous vendangés à la main. Pour tenir le rythme, trois saisonniers supplémentaires seront embauchés. La récolte totale espérée est de 200 à 250 hectolitres, avec un rendement moyen de 20 hl/ha. Au terme de la première matinée, Christophe Sala évaluait la récolte entre 2,5 et 3 tonnes.
Témoignages des vendangeurs
Jules Fischer, 25 ans, étudiant en agronomie, effectue ses premières vendanges : « C’est vraiment physique. Jusqu’à 10 heures, ça allait encore, mais après ça commence à devenir dur. On attend chaque pause pour boire de l’eau avec impatience. » À l’inverse, Walter Zecchel, 77 ans, retraité des pompes funèbres, vendange pour le plaisir depuis soixante-dix ans. « Pour moi, ce n’est pas du tout pénible. Une fois terminé, j’enchaînerai avec trois semaines en Dordogne. » Il observe chaque année une avancée des dates et une baisse des volumes, signe du changement climatique.
Des arômes prometteurs malgré des volumes réduits
Bien que les vignes n’aient pas montré de stress hydrique jusqu’ici, les grappes commencent à marquer le coup, selon Francis Sala. Conséquence attendue : moins de jus, mais de meilleurs arômes. « Sur le plan aromatique, c’est top », se réjouit Christophe Sala. La course contre la montre est lancée pour récolter avant que la chaleur n’altère la qualité.



