Vers une « échelle de Richter » des incendies pour mesurer l'impact écologique
Une « échelle de Richter » pour les incendies en préparation

Alors que 44 000 hectares ont déjà brûlé en France en 2026, la gravité des incendies est principalement évaluée à partir du nombre d'hectares brûlés. Un projet coordonné par l'Inrae cherche à élaborer un indicateur pour mesurer leur impact écologique, selon les espèces végétales et animales touchées. Entretien avec Florent Mouillot, directeur de recherche qui pilote le projet.

Un indicateur pour prioriser la protection des forêts

« Cet indicateur permettra de savoir quelles forêts protéger en priorité », explique Florent Mouillot. L'objectif est de dépasser la simple mesure des surfaces brûlées pour évaluer les conséquences sur la biodiversité. « Aujourd'hui, on regarde surtout le nombre d'hectares, mais un hectare de garrigue n'a pas la même valeur écologique qu'un hectare de forêt ancienne », précise-t-il.

Le projet, encore en phase de développement, s'appuie sur des données issues de plusieurs disciplines : écologie, biogéographie et modélisation. Il prendra en compte la rareté des espèces, leur rôle dans l'écosystème et leur capacité de régénération après le feu.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un contexte d'incendies records en 2026

Depuis janvier, plus de 12 500 départs de feu ont été recensés et 44 000 hectares ont brûlé, selon le gouvernement. Un bilan supérieur à celui de 2022, lorsque les incendies avaient parcouru plus de 30 000 hectares dans la forêt des Landes de Gascogne et entraîné l'évacuation de quelque 50 000 personnes.

Ces derniers jours, près de 20 000 habitants et touristes ont de nouveau été évacués à proximité du bassin d'Arcachon (Gironde), où un incendie a déjà parcouru plus de 3 400 hectares. Dans le Var, 2 500 hectares ont brûlé autour du massif du Gros Bessillon, tandis qu'en Haute-Corse, environ 500 hectares ont été détruits.

Un outil d'aide à la décision pour les gestionnaires

Florent Mouillot insiste sur l'importance de cet outil pour les politiques de prévention et de restauration. « Il permettra de cibler les efforts de reboisement et de protection des habitats les plus sensibles », ajoute-t-il. L'indicateur devrait être opérationnel d'ici deux à trois ans, après validation sur plusieurs terrains tests.

Le chercheur souligne que le changement climatique aggrave la fréquence et l'intensité des incendies. « Nous devons adapter nos outils d'évaluation pour répondre à cette nouvelle réalité. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale