Après avoir subi des chaleurs extrêmes qui ont transformé des logements en bouilloires, mis en danger les plus vulnérables et attisé l'écoanxiété, de nombreux Français ont été frappés par une formule devenue virale : « Nous sommes en train de vivre l'un des étés les plus froids du reste de notre vie. »
Une phrase qui résonne dans tout le pays
En moins d'un mois, cette phrase a été entendue de la bouche d'une voisine retraitée accablée par la chaleur, d'amis inquiets pour leurs enfants, ou d'une collègue prise de vertige en la lisant dans la presse. Elle a envahi les conversations, les plateaux télé et les réseaux sociaux.
La géographe Magali Reghezza-Zitt, spécialiste de la résilience et de l'adaptation au changement climatique, a contribué à la populariser. Autrice de « Bienvenue en 2055 » (éd. Seuil), elle a employé la formule fin juin sur France-Inter, puis devant les caméras de Konbini.
Une origine ancienne mais une actualité brûlante
Pourtant, cette petite phrase est presque aussi vieille que les alertes climatiques. Elle rappelle le fameux slogan de Bart Simpson dans la série télévisée : « C'est le meilleur moment de notre vie... jusqu'à présent ! » Mais dans sa version climatique, elle prend une dimension tragique.
Selon Magali Reghezza-Zitt, « cette formule permet de prendre conscience que le réchauffement n'est pas une menace lointaine, mais une réalité immédiate. Chaque été record est en fait un avant-goût de ce qui nous attend. »
Un impact sur l'écoanxiété
La phrase a particulièrement touché les Français écoanxieux, qui voient leurs craintes confirmées. Une étude récente de l'Ademe montre que 67% des Français se disent inquiets du changement climatique, et 23% déclarent ressentir de l'écoanxiété de manière régulière.
Pour la psychologue environnementale Alice Desbiolles, « ce type de formulation, bien que juste scientifiquement, peut renforcer le sentiment d'impuissance. Il est important de l'accompagner de messages d'action et d'espoir. »
Une viralité amplifiée par les médias
Depuis fin juin, la phrase a été reprise par de nombreux médias, de France Inter aux chaînes d'information en continu. Sur Twitter, le hashtag #étéleplusfroid a été utilisé plus de 50 000 fois en juillet 2026.
Le climatologue Jean Jouzel, interrogé par Le Monde, confirme : « C'est une formule choc, mais exacte. Les étés que nous vivons aujourd'hui seront parmi les plus frais de la fin du siècle si nous ne réduisons pas nos émissions. »



