Le feu qui a ravagé plusieurs centaines d'hectares dans l'Aude est désormais considéré comme fixé, ont annoncé les autorités ce jeudi. Cependant, dans la Drôme, une légère reprise du feu a été signalée, nécessitant une vigilance accrue des pompiers.
Un incendie fixé dans l'Aude après des heures de lutte
Selon les sapeurs-pompiers de l'Aude, le feu, qui s'était déclaré mardi en fin de journée dans le secteur de la Montagne Noire, a été fixé dans la nuit de mercredi à jeudi. Grâce à des conditions météorologiques plus favorables et à l'intervention de 450 pompiers appuyés par des avions bombardiers d'eau, le front de flammes a pu être stabilisé. Le bilan fait état de 850 hectares brûlés, un chiffre en baisse par rapport aux premières estimations.
Les habitants évacués ont pu regagner leurs domiciles dans la matinée, mais les autorités appellent à la prudence. "La situation reste sous surveillance, mais le feu est fixé, ce qui signifie qu'il ne progresse plus", a déclaré le colonel Jean-Marc Bichot, directeur départemental des pompiers de l'Aude. Les opérations de noyage des points chauds se poursuivent.
Légère reprise dans la Drôme
Dans la Drôme, un autre incendie, qui avait été maîtrisé plus tôt dans la semaine, a connu une légère reprise ce jeudi matin. Le feu, situé sur la commune de Roche-Saint-Secret, a repris sur environ deux hectares en raison de rafales de vent et de la sécheresse de la végétation. Les pompiers, qui étaient déjà sur place pour surveiller le site, ont rapidement réagi pour éviter une nouvelle propagation.
"Il s'agit d'une reprise localisée, mais nous restons extrêmement vigilants", a indiqué le lieutenant-colonel Philippe Martin, porte-parole des pompiers de la Drôme. Une centaine de pompiers sont mobilisés, assistés de deux hélicoptères bombardiers d'eau. Aucune habitation n'est menacée, mais des routes ont été temporairement fermées par précaution.
Un été sous haute tension pour les pompiers
Ces incendies s'inscrivent dans un été particulièrement difficile pour les sapeurs-pompiers du sud de la France. Selon la Sécurité civile, plus de 20 000 hectares ont déjà brûlé depuis le début de l'été, soit deux fois plus que la moyenne des dix dernières années. Les épisodes de canicule et la sécheresse record ont rendu les forêts particulièrement inflammables.
Dans l'Aude, le préfet a rappelé l'interdiction de tout brûlage de végétaux et l'obligation de respecter les consignes de sécurité. "Chaque geste compte pour éviter de nouveaux départs de feu", a-t-il insisté. Les pompiers appellent également à la vigilance dans les zones à risque, notamment dans le Var, les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse, où le risque d'incendie reste très élevé.
Des moyens aériens renforcés
Face à l'ampleur de la saison, le gouvernement a annoncé le renforcement des moyens aériens. La flotte de Canadair et de Dash a été augmentée, et des avions de la réserve européenne ont été activés. "Nous devons être prêts à répondre à des feux de plus en plus intenses", a déclaré le ministre de l'Intérieur, en visite dans le Gard la semaine dernière.
Les pompiers, épuisés par des semaines de mobilisation, réclament des moyens supplémentaires. "Nous faisons face à des conditions exceptionnelles, il faut que les moyens suivent", a souligné le colonel Bichot. Les associations de victimes des incendies, quant à elles, demandent une meilleure prévention et une gestion plus durable des forêts.
En attendant, la prudence reste de mise dans les départements du sud. Les autorités recommandent de signaler tout départ de feu au 112 ou au 18, et de suivre les consignes des préfectures.



