« La volonté politique au sommet dépend de celle de la majorité des citoyens. » C'est en ces termes que la philosophe Joëlle Zask interpelle dans une tribune publiée par Le Monde. Face à la multiplication des mégafeux, elle refuse la fatalité d'un pouvoir impuissant et appelle à une mobilisation citoyenne capable d'impulser des décisions politiques ambitieuses.
Les mégafeux, un défi pour la démocratie
Les mégafeux ne sont pas seulement une catastrophe écologique. Ils révèlent une crise de la décision politique. Les gouvernements, pris entre des intérêts contradictoires et une urgence climatique, hésitent souvent à engager des mesures fortes. Pour Joëlle Zask, cette frilosité n'est pas uniquement due à l'influence des lobbies ou à des contraintes économiques. Elle tient également à l'absence d'un véritable appui populaire.
Dans sa tribune, la philosophe renverse la perspective habituelle. Au lieu d'attendre qu'un pouvoir éclairé prenne les bonnes décisions, elle invite les citoyens à se saisir du problème. C'est en se mobilisant, en s'organisant et en faisant pression sur les élus que les sociétés peuvent créer les conditions d'une action politique volontariste.
Une approche philosophique de l'engagement
Joëlle Zask n'en est pas à son premier plaidoyer pour une démocratie participative. Son œuvre explore les liens entre l'individu, la communauté et l'environnement. Dans cette tribune, elle applique ces réflexions à la question des incendies géants. Selon elle, les mégafeux agissent comme un miroir : ils renvoient aux sociétés leur propre impuissance à s'entendre sur des objectifs communs.
La philosophe ne cherche pas à culpabiliser les citoyens, mais à leur rendre du pouvoir. La volonté politique, écrit-elle, n'est pas un attribut mystérieux des gouvernants. Elle se construit dans le débat, la délibération et le conflit démocratique. Sans cette construction, les mesures les plus justes demeurent fragiles.
Des solutions concrètes pour forger une volonté commune
Quelles voies propose Joëlle Zask pour traduire cette ambition en actes ? Elle insiste d'abord sur la nécessité de multiplier les espaces de débat. Les conventions citoyennes, les consultations locales et les référendums d'initiative populaire peuvent jouer un rôle clé. Elles permettent de sortir des discussions entre experts et de faire émerger une opinion éclairée.
Elle souligne également l'importance de l'éducation et de la culture. Comprendre les mécanismes du dérèglement climatique, les causes des mégafeux et les solutions possibles est un préalable à toute responsabilisation. Enfin, elle appelle à soutenir les associations et les collectifs qui travaillent sur le terrain, là où les enjeux se concrétisent.
Face aux mégafeux, une responsabilité partagée
Le message de Joëlle Zask est à la fois réaliste et optimiste. Réaliste, car il ne sous-estime ni la gravité des incendies ni la difficulté de changer les comportements. Optimiste, car il affirme que les citoyens ont une marge de manœuvre. La volonté politique ne tombe pas du ciel : elle se gagne.
En présentant la lutte contre les mégafeux comme une affaire de démocratie, la philosophe invite à ne pas séparer la question écologique de la question sociale et politique. C'est en renforçant notre capacité à décider ensemble que nous pourrons affronter les défis climatiques.
Un appel à l'action
La tribune de Joëlle Zask se conclut sur une note encourageante : la peur des mégafeux peut être transformée en énergie citoyenne. À condition que chacun prenne sa part. Car, comme elle le rappelle, la volonté politique au sommet dépend de celle de la majorité des citoyens.



