Incendies dans le Var : le débat sur les contraintes écologiques s'enflamme
Incendies dans le Var : le débat sur les contraintes écologiques s'enflamme

Alors que l'été 2026 a été marqué par de violents incendies dans le Var, le débat sur les contraintes écologiques s'intensifie. Des responsables politiques locaux, soutenus par la préfecture, remettent en cause certaines mesures de protection de l'environnement, jugées trop restrictives, tandis que les associations de défense de la nature dénoncent une tentative de détourner la responsabilité humaine des départs de feu.

Des élus varois dénoncent une « écologie punitive »

Le 31 août, lors d'une conférence de presse en préfecture, le vice-président de la Région, François de Canson, a vivement critiqué ce qu'il appelle « une écologie stérile et punitive, qui ne permet pas de protéger nos forêts ». Ironisant sur « des contraintes si fines, qu'on nous demande de débroussailler à la pince à épiler », il estime que les textes produisent « des incantations contradictoires » et deviennent inextricables. Il n'est pas le seul à porter ce discours. Jean-Louis Masson, le président du Conseil départemental du Var, a déclaré : « On est contraint par les textes qui ne vont pas dans le sens d'une protection de la forêt. Certes, il faut protéger la tortue d'Hermann, le lézard verruqueux et les petites fleurs classées, mais où sont-ils dans les 7 000 hectares brûlés ? Le pragmatisme doit l'emporter sur le dogmatisme. »

Le préfet demande des allègements de procédures

Le préfet du Var, Simon Babre, partage cette vision et demande « des allègements » dans les procédures environnementales vis-à-vis des espèces sauvages en danger. « Nous insistons sur le temps et l'argent nécessaires pour les procédures environnementales, poursuit le représentant de l'État, avec ce credo assez simple : éviter un feu préserve mieux les espèces protégées que des recensements exhaustifs puis une batterie de mesures, de réduction, de compensation. » Il précise toutefois : « Je ne parle pas d'artificialisation du territoire, mais d'ouvrages de protection de la forêt contre l'incendie. » En ligne de mire, les « obstacles » au débroussaillage et à la création de pare-feu en forêt.

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FNE Paca dénonce une accusation injustifiée

Les associations environnementales s'inscrivent en faux contre ce discours. Mattia Trabucchi, chargé de mission biodiversité à FNE (France nature environnement) Paca, s'interroge : « On déplace le problème sur la nature. Mais qui provoque les départs de feu ? Le mégot sur l'aire autoroute [feu de Vidauban], les travaux agricoles dans les champs… Ce sont des sujets clés. C'est l'homme qu'il faut contrôler. Il faut être strict avec ça. » La présidente régionale de FNE Paca, Nathalie Chaudon, dénonce une tendance qui « prend l'opinion publique à témoins, comme si les associations portaient une responsabilité ». Elle maintient que les enjeux ne sont pas opposés et cite l'exemple des Alpes-Maritimes, où l'arrêté sur les obligations légales de débroussaillage a été « concilié avec la gestion de la biodiversité », alors que ce département compte autant d'espèces protégées que le Var. « Nous entendons des propos très stéréotypés et clichés, la vérité est plus nuancée et complexe. La prévention des incendies dépend de nombreux facteurs, on ne peut pas accuser la forêt. Préserver la biodiversité est aussi un enjeu public. On ne peut pas juste vouloir moins d'arbres, pour avoir moins de risques. »

Le respect des règles existantes en question

Le débat intervient alors que les obligations légales de débroussaillage sont très peu respectées dans le Var. Sur les 2 000 propriétaires contrôlés en 2025 par les services de l'État, 1 500 n'étaient pas en règle, soit un ratio de 75 % de manque de débroussaillage. Ce chiffre illustre la difficulté, et la nécessité, de faire appliquer les règles existantes. Pour les associations, ce constat renforce leur argument : les contraintes ne sont pas la cause des incendies, mais la responsabilité humaine, qu'elle soit accidentelle ou volontaire, est en cause dans neuf cas sur dix.

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