Les Alpes-Maritimes et le Var vivent leur mois de juillet le plus chaud jamais enregistré depuis le début des mesures, selon Météo-France. Les deux départements restent placés en vigilance orange canicule au moins jusqu'à la fin de la semaine, avec des températures dépassant régulièrement 38 °C dans l'intérieur des terres et des nuits tropicales sur le littoral.
Des records de température battus
Depuis le 1er juillet, Nice a enregistré 33 jours avec des maximales supérieures à 30 °C sur une période de 40 jours, indique Eric Pioch, directeur adjoint du service Prévisions de Météo-France pour le Sud-Est. Le 30 juillet, la station de Peille, située à 1 100 mètres d'altitude, a mesuré 30,9 °C, un record absolu pour ce site. Le lendemain, Coursegoules a grimpé à 32,9 °C, battant également son record historique.
Dans le Var, les températures ont atteint des sommets : 40,3 °C à Seillans le 18 juillet et jusqu'à 41 °C à Cogolin le 30 juillet. À Draguignan comme à Toulon, les maximales ont systématiquement dépassé 30 °C depuis le début du mois.
Une succession ininterrompue d'alertes
Eric Pioch détaille la chronologie d'un été suffocant : « Dans le département des Alpes-Maritimes, nous avons connu trois vagues de vigilance orange depuis début juin. » La première a duré une dizaine de jours, du 22 juin au 2 juillet, suivie d'un court répit en vigilance jaune. Une nouvelle alerte orange est survenue mi-juillet, avant un retour quasi continu du niveau orange depuis le 30 juillet.
Dans le Var, le schéma est similaire : une première vague orange du 22 au 25 juin, puis du jaune jusqu'au 27 juin, avant de rebasculer en orange jusqu'au 2 juillet au matin. Après un répit, l'orange est revenu du 14 au 22 juillet, puis de nouveau depuis le 30 juillet.
Des risques sanitaires accrus
Cette chaleur extrême a des conséquences lourdes sur la santé des populations vulnérables et met les services d'urgence sous tension. Les nuits « tropicales », avec des températures qui ne descendent pas sous 26 °C à Nice, Toulon ou Cannes, rendent le repos quasi impossible.
Le prévisionniste souligne : « De toute façon, sur les températures moyennes, minimales ou maximales, ce mois de juillet est le plus chaud jamais enregistré depuis le début de nos mesures. »
Jusqu'à la fin de la semaine, puis une possible accalmie
Les températures resteront très élevées dans les deux départements jusqu'à la fin de la semaine, maintenant la vigilance au niveau orange. Eric Pioch évoque toutefois « un léger signal pour le week-end dans le Sud-Est, qui pourrait peut-être amener une petite baisse des températures ».
Le risque de pluies diluviennes en toile de fond
Derrière ce brasier estival se profile la menace des épisodes méditerranéens ou cévenols. Avec des températures de surface de la mer dépassant fréquemment 28 °C au large de la Côte d'Azur, la Méditerranée se transforme en une gigantesque réserve d'énergie thermique et de vapeur d'eau. Lorsque de l'air froid percutera cette masse d'air chaud et humide bloquée par les reliefs, le cocktail peut devenir explosif, provoquant des pluies diluviennes en quelques heures sur des sols asséchés et incapables d'absorber de telles quantités d'eau.
Eric Pioch invite toutefois à la prudence : « C'est vrai que traditionnellement, nous sommes plus vigilants lorsque la mer est très chaude. Mais nous pouvons très bien avoir des épisodes méditerranéens qui explosent au large sans toucher les terres, comme cela s'est produit l'année dernière. » Il conclut : « C'est beaucoup trop tôt pour le prédire aujourd'hui. Ce qui est sûr avec le changement climatique, c'est que les chaleurs intenses vont provoquer des épisodes pluvieux plus intenses et plus courts, mais il est impossible d'affirmer aujourd'hui s'il faut s'attendre à 3, 4 ou 6 événements de ce type. »



