Mattias Grafström, l'ombre d'Infantino à la FIFA
Mattias Grafström, l'ombre d'Infantino à la FIFA

Il est l'homme le plus puissant du football mondial que personne ne connaît. Mattias Grafström, 52 ans, Suédois d'origine, occupe le poste de secrétaire général de la FIFA depuis 2023, mais son influence s'étend bien au-delà de ce titre. Numéro deux de l'instance, il est considéré comme le bras droit de Gianni Infantino, un président dont il n'a jamais réussi à s'émanciper. Portrait d'un homme de l'ombre, discret et loyal, qui incarne la continuité du président.

Un parcours au service de l'ombre

Arrivé à la FIFA en 2016, Mattias Grafström a gravi les échelons avec une discrétion exemplaire. Ancien avocat d'affaires, il a d'abord été directeur juridique, puis secrétaire général adjoint avant d'être promu au poste de secrétaire général en 2023, en remplacement de Fatma Samoura. Son profil technique et sa loyauté sans faille ont séduit Infantino, qui a vu en lui un exécutant fiable pour mettre en œuvre sa vision.

Pourtant, cette proximité avec le président a un revers : Grafström n'a jamais réussi à exister par lui-même. Dans les couloirs de la FIFA, on le décrit comme un exécutant zélé, incapable de prendre des décisions sans l'aval de son mentor. "Il est intelligent, travailleur, mais il manque de charisme et d'ambition personnelle", confie un ancien collaborateur sous couvert d'anonymat. "Il est l'ombre d'Infantino, et il le sait."

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Des responsabilités croissantes mais une autonomie limitée

En tant que secrétaire général, Grafström supervise l'administration quotidienne de la FIFA, la gestion du budget (estimé à 7,5 milliards de dollars pour le cycle 2023-2026) et l'organisation des compétitions. Il représente également l'instance lors de nombreuses réunions internationales, notamment avec les fédérations nationales et les confédérations.

Mais son autonomie reste limitée. Les décisions stratégiques majeures, comme les réformes des compétitions ou les négociations avec les sponsors, passent systématiquement par Infantino. Selon des sources internes, Grafström aurait proposé à plusieurs reprises des initiatives pour moderniser l'image de la FIFA, mais ses idées ont souvent été écartées ou attribuées au président.

Un homme de confiance dans un contexte de réformes

La FIFA a connu des bouleversements importants ces dernières années, notamment avec l'introduction de la Coupe du monde des clubs à 32 équipes et l'expansion de la Coupe du monde à 48 équipes. Dans ce contexte, Infantino a besoin d'un homme de confiance à ses côtés. Grafström, qui parle couramment cinq langues (suédois, anglais, français, allemand et espagnol), est devenu un rouage essentiel de la machine FIFA.

Il a notamment joué un rôle clé dans la mise en œuvre du programme de développement du football mondial, qui a alloué plus de 2 milliards de dollars aux fédérations nationales depuis 2016. Il a également supervisé la modernisation des infrastructures de la FIFA, avec la construction du nouveau centre technique de Zurich.

Des critiques internes et externes

Malgré son efficacité, Grafström essuie des critiques. Certains lui reprochent son manque de transparence et sa complaisance envers Infantino. En interne, on raconte qu'il aurait validé des décisions controversées sans débat, comme l'attribution de la Coupe du monde 2034 à l'Arabie saoudite, malgré les réserves de plusieurs membres du conseil.

À l'extérieur, des ONG et des médias pointent du doigt son rôle dans la gestion des droits humains lors des grands événements. En 2022, lors de la Coupe du monde au Qatar, Grafström avait défendu la politique de la FIFA face aux critiques, affirmant que "le football est un vecteur de progrès social", une position qui avait été jugée maladroite par certains observateurs.

Quel avenir pour le numéro deux ?

Alors que le mandat d'Infantino court jusqu'en 2027, la question de la succession se pose. Certains pensent que Grafström pourrait être un candidat naturel, mais il semble peu enclin à se lancer dans une bataille politique. "Il n'a pas l'étoffe d'un président", estime un ancien membre du comité exécutif. "Il est trop effacé, trop dépendant d'Infantino."

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D'autres, en revanche, voient en lui un successeur potentiel, capable de garantir une transition en douceur. "Il connaît parfaitement les rouages de l'institution", souligne un diplomate européen. "S'il parvient à s'affirmer, il pourrait être un bon président." En attendant, Mattias Grafström continue de travailler dans l'ombre, fidèle à son rôle de numéro deux, sans jamais chercher à éclipser son mentor.