Au deuxième jour de l'incendie de Pontevès - Cotignac, ce mercredi 22 juillet 2026, si le feu n'a plus progressé, d'innombrables reprises ont mobilisé les sapeurs-pompiers, qui étaient plus d'un millier déployés sur le terrain. Au plus fort de la lutte, plusieurs camions ont été accrochés par les flammes, dont un a entièrement brûlé. Une soixantaine de maisons ont été impactées par les flammes.
Un paysage dévasté de 2 500 hectares
Les champs et vallons sont marqués à vif. Les 2 500 hectares qui ont brûlé en une douzaine d'heures dessinent un horizon défiguré. Pourtant, ce mercredi 22 juillet 2026 est une journée que les pompiers ont gagnée sur les flammes, après une nuit où l'incendie a englouti des kilomètres de forêt entre Pontevès, Cotignac, Montfort-sur-Argens et Correns, débordant en direction des villages et menaçant des quartiers entiers.
Le feu contenu mais pas maîtrisé
Malgré la chaleur et la fatigue qui marquent les visages, malgré la poussière noire qui se soulève sous les pas, « la cartographie de l'incendie n'a pas bougé », relate le colonel Philippe Raison, commandant des opérations de secours. Si l'incendie n'est pas maîtrisé, il est contenu. S'il peut être encore actif, il ne déborde pas. Les soldats du feu ont tenu.
La lutte harassante contre les reprises
D'est en ouest, le combat s'est porté sur les reprises de feu, incessantes, harassantes. « Partout où ça fume, il peut y avoir une reprise. Et certaines sont plus délicates que d'autres », pointe le directeur adjoint des pompiers du Var. La priorité était de ne pas se faire déborder, d'arriver à faire baisser la pression, en vue de ce jeudi tant redouté. Les forces de secours annoncent ce 23 juillet comme la journée la plus à risque d'une semaine qui cumule déjà quelque 2 700 hectares brûlés sur les terres varoises. C'est le retour d'un mistral à 50 km/h qui inquiète. Le Var fait partie des cinq départements où le danger de feu est « très élevé », rouge, selon la météo des forêts, alors que la végétation subit un dessèchement prononcé.
Des pompiers pris au piège par les flammes
C'est dans les taches encore vertes que le danger de reprise est le plus fort, partout où les arbres ont échappé au premier passage des flammes. « Nous sommes dans des secteurs très boisés et il est difficile de positionner des groupes de sapeurs-pompiers en sécurité », prévient Éric Grohin, le patron des pompiers du Var. À trois reprises, des pompiers se sont retrouvés coincés par le feu, leurs camions abîmés, dont un a complètement brûlé. « Heureusement que la cabine est un lieu de survie, poursuit Éric Grohin. Nous sommes entraînés pour ça. Mais, à chaque fois que cela se produit, on ne peut pas s'empêcher d'avoir un peu peur pour nos sapeurs-pompiers. »
Un camion calciné témoigne de la violence du sinistre
À moins de deux kilomètres du départ de feu, en contrebas de Pontevès, la carcasse à moitié calcinée du camion en atteste. On distingue facilement la différence entre l'arrière du véhicule, rongé par le feu, et la cabine avant, relativement intacte. Le système d'arrosage, dit d'auto-protection, a permis à l'équipage de se mettre à l'abri, le temps d'être secouru.
Largages aériens et espoir d'accalmie
Signe de l'intensité du sinistre, cette partie de la forêt est dévastée. La villa toute proche, brûlée de part en part. « À cet endroit, il y avait des gîtes », témoigne un voisin. Il n'en reste absolument plus rien. Un peu plus bas, des sirènes retentissent. Elles annoncent le largage de plusieurs hélicoptères bombardiers d'eau sur un panache qui vire au gris foncé. Sur le flanc d'en face, encore vert, deux avions Dash surgissent au-dessus du massif, silhouette fine mais imposante. À la cime des arbres, ils lâchent chacun 10 000 litres de retardant. Lourds panaches rouges, source d'espoir d'une accalmie.



