Tartas : un couple confronté à la répétition des inondations dans son logement historique
Sandrine et Pascal Van Bouvelen résident au 381 allées Marines à Tartas, dans les Landes. Leur maison, construite sur l'ancien lit de la Midouze, a été submergée par les eaux à trois reprises en l'espace de quelques années seulement. Les Allées Marines, une promenade en planches longeant la rivière, offrent habituellement un cadre paisible, mais en février 2026, la Midouze a débordé, atteignant plus de trois mètres de hauteur et inondant le parking, la place Aristide-Briand et plusieurs rues de la commune.
Une maison régulièrement envahie par les eaux
La demeure des Van Bouvelen, d'environ 90 m² sur deux niveaux, a subi des dégâts considérables lors de la dernière crue. Sandrine Van Bouvelen témoigne : « L'eau est montée jusqu'à au moins 50 cm dans notre maison. Nous avons perdu congélateur, machine à laver, sèche-linge, meuble de cuisine, lave-vaisselle, aspirateur et canapé. Tout a été détruit par l'eau. » Le couple a dû se réfugier temporairement à Lesperon, tandis que leur fils et sa famille étaient hébergés à Saint-Yaguen et dans une chambre d'hôtes à Tartas.
De retour chez eux, ils décrivent un quotidien infernal. Sandrine montre les cloisons imbibées d'eau, et Pascal, retraité depuis mai 2023, lutte contre un cancer après l'ablation d'un poumon. « C'est un long combat. Avant de venir dans les Landes, j'étais accordeur de piano et je fumais beaucoup, c'était trop », confie-t-il, soulignant l'impact de ces épreuves sur sa santé.
Un achat risqué et des travaux vains
Originaires de Bégaar, les Van Bouvelen ont acheté cette maison en 2018, malgré sa localisation en zone inondable, pour faciliter la scolarité de leur fils. Ils ont investi plusieurs milliers d'euros dans des rénovations : cloison, peinture, double vitrage et cuisine équipée. Cependant, dès mai 2020, la première inondation a frappé, suivie d'une autre en décembre 2020, où l'eau est restée plus d'un mois dans la maison. Pascal sombre alors dans une dépression, avouant : « Nous venions de refaire de nombreux travaux et on s'est pris un bouillon. Je ne voyais plus le bout du tunnel. »
L'absence de soutien des autorités locales
La communauté de communes du Pays Tarusate (CCPT) a créé une zone d'aménagement différé (ZAD) en décembre 2020 pour racheter progressivement des maisons inondables à Bégaar, mais la maison des Van Bouvelen n'est pas concernée. Laurent Civel, président de la CCPT, explique : « Cette maison n'est pas liée à la digue de Bégaar, et une ZAD ne s'applique pas en ville. L'opération cible uniquement les habitations menacées par une rupture de digue. » Les propriétaires se sentent abandonnés, d'autant que la mairie de Tartas, selon l'ancien maire Jean-François Broquères, interdit les constructions en zone inondable depuis plus de soixante ans, mais leur logement, datant de 1900, échappe aux mesures de rachat.
Cette situation illustre les défis des habitants face aux catastrophes naturelles récurrentes et les limites des politiques locales d'aide, laissant Sandrine et Pascal Van Bouvelen dans une impasse financière et émotionnelle.



