Un quart des Européens encore fumeurs
Piloté par la Commission européenne, le plan européen de lutte contre le cancer s'est fixé pour objectif de créer une « génération sans tabac » d'ici 2040. Malgré des progrès considérables ces dernières années, le nombre de fumeurs reste élevé dans l'UE : ils représentent un quart de la population totale et 29 % des 15-24 ans. L'émergence de nouveaux produits à base de nicotine tels que les cigarettes électroniques, le tabac à chauffer et les sachets de nicotine pose aussi de nouveaux problèmes de santé publique.
France : une stratégie efficace
En France, le nombre de fumeurs quotidiens a diminué de quatre millions en dix ans et l'âge d'initiation au tabac recule plus rapidement que dans la plupart des pays européens. Ces progrès témoignent de l'efficacité d'une stratégie fondée sur la prévention, la régulation et l'accompagnement, avec la commercialisation de paquets neutres, la hausse des prix, la multiplication d'espaces sans tabac ainsi qu'une meilleure accessibilité des traitements de substitution nicotinique.
Irlande : les pionniers accélèrent
Bien que 17 % des Irlandais fumaient encore en 2025, l'ONG Tobacco Control Scale place l'Irlande en tête du classement de la lutte antitabac en Europe. Premier État membre de l'UE à avoir interdit de fumer dans des espaces publics clos en 2004, elle affiche le niveau de prix du tabac le plus élevé des pays européens et réglemente les produits à base de tabac chauffés au même titre que les cigarettes, contrairement à la majorité de ses voisins. Dublin s'apprête à augmenter l'âge minimum de vente de 18 à 21 ans.
Royaume-Uni : l'espoir d'une génération sans tabac
Le Parlement britannique a adopté en avril dernier une mesure inédite : interdire définitivement l'achat de tabac à toute personne née après 2008. À terme, les autorités espèrent faire émerger une « génération sans tabac » et réduire durablement la prévalence du tabagisme. Reste à voir comment une telle mesure sera appliquée concrètement, car l'interdiction ne supprime pas la demande : elle tend souvent à la déplacer ou à la rendre moins visible, via le marché noir, sans nécessairement réduire la consommation.
Suède : le snus pour remplacer la cigarette
La Suède est le premier pays européen « sans tabac », avec moins de 5 % de fumeurs quotidiens. Pourtant, un Suédois sur quatre consomme encore de la nicotine chaque jour en raison du succès du « snus », des petits sachets de tabac à placer sous la lèvre supérieure. Interdit à la vente dans l'UE depuis 1992, le pays scandinave est le seul à avoir obtenu une dérogation pour commercialiser sa spécialité locale. La consommation de « snus » blancs, qui ne contiennent que de la nicotine, est prohibée en France depuis mars.
Lettonie : un tour de vis récent
Le 1er janvier 2025, la Lettonie a mis en place une réglementation plus stricte visant à réduire la consommation de tabac et de nicotine, encore particulièrement importante chez les jeunes. Elle est le premier pays de l'Union européenne à avoir porté l'âge légal pour l'achat de produits nicotinés de 18 à 20 ans, sous peine d'amendes allant de 280 à 700 euros pour les commerçants. L'ensemble des arômes pour les produits du vapotage ont également été interdits, à l'exception de l'arôme tabac.
Bulgarie : la pire épidémie de tabagisme de l'UE
Dans les années 1970, la Bulgarie était le premier exportateur mondial de tabac et fournissait tout l'empire soviétique. Si cette production est aujourd'hui à bout de souffle, le pays connaît encore la plus forte consommation de tabac de l'Union européenne, avec 35 % de fumeurs en 2024. La forte influence de l'industrie du tabac et l'instabilité politique chronique à Sofia se traduisent par l'application d'une des plus faibles fiscalités d'Europe sur le tabac, le paquet de cigarettes coûtant en moyenne moins de 4 euros.



