Les habitants de la Petite Camargue, dans le Gard, ont été surpris par un épisode méditerranéen d'une intensité inattendue dans la nuit de lundi à mardi. De nombreuses communes, notamment Vauvert, ont subi des inondations importantes, contraignant les secours à évacuer des campings et à venir en aide à des résidents piégés. Aucune victime humaine n'était à déplorer en milieu de journée, mais les dégâts matériels sont considérables.
Une nuit de chaos à Vauvert et ses environs
À Vauvert, André Emenard, 67 ans, a rejoint en catastrophe sa mère de 92 ans, veuve et vivant seule, à 00h30. « Ça tombait, ça tombait, ça tombait ! Il fallait vite mettre en place les batardeaux et rassurer ma mère âgée de 92 ans et veuve désormais. Je devais aussi mettre en hauteur, en urgence, le camping-car de ma sœur, aussi. Pour qu'il ne soit pas emporté par les eaux ! », a-t-il témoigné. Ce mardi matin, le retraité, épuisé, équipé de cuissardes et d'une lampe frontale, s'activait à vider les caves de la maison familiale à l'aide de pompes aspirantes électriques. « Jusqu'à hier soir, on a cru qu'on allait passer entre les gouttes ! Manifestement, on s'est trompé », a-t-il ajouté.
Le camping Monte Christo, situé sur la commune, a été en partie évacué par les pompiers durant la nuit. Le plan communal de sauvegarde a été activé dans plusieurs communes du secteur, et un centre d'accueil a été ouvert pour accueillir temporairement les sinistrés.
Des habitants pris au dépourvu par l'intensité des pluies
À Vestric-et-Candiac, Thomas, chasseur passionné, a dû se lever à 3 heures pour secourir ses chiens. « On s'est laissé surprendre… Notamment parce que l'alerte orange… n'est jamais passée en rouge ! », a-t-il expliqué. Nais, 23 ans, a également dû intervenir en pleine nuit, vers 3-4 heures, pour sauver ses deux chevaux Camargue et trois poneys. « Quivalà, ma plus jeune, nageait carrément dans son pré à mon arrivée », a raconté la jeune femme, qui a salué le soutien des agents municipaux. « Ce matin, on a même mis à ma disposition une petite barque, pour nous permettre à mes parents et moi d'aller récupérer nos moutons ! ».
Vers 10h30, le secteur sud de Nîmes présentait encore un paysage chaotique. Routes coupées ou entravées par la montée des eaux, vignes et prairies inondées, ravines et débris (pierres, amas de terre, bois et végétaux) parsemaient la chaussée. De nombreux véhicules, immergés ou abandonnés par leurs conducteurs, témoignaient de la surprise provoquée par le phénomène météorologique. Plusieurs villages ont également subi des impacts sur le réseau électrique.
Opérations de secours et mise en sécurité des animaux
En milieu de journée, aucune victime humaine n'était à déplorer dans le département. L'hélicoptère de la sécurité civile et les sapeurs-pompiers ont néanmoins réalisé de nombreuses opérations de reconnaissance et de mise en sécurité de personnes imprudentes ou piégées. À 15 heures, des gardians tentaient de mettre à l'abri leurs taureaux entre les hameaux de Gallician et du Cailar, tandis que d'autres récupéraient leurs chevaux, parfois aux deux tiers immergés.
Au Cailar, Nathan Mestre, qui vit en contrefort de la digue du Vistre, à proximité d'un pont submersible, restait sur le qui-vive. « Dès 7h30, ce matin, tous nos voisins proches étaient évacués. Seront-ils rentrés chez eux ce soir ? Une chose est sûre, au vu du ciel gris qui perdure, hors de question pour nous de dormir tranquille », a-t-il confié.