Au lendemain de l'épisode méditerranéen qui a frappé le Gard, la Petite Camargue panse ses plaies. Les cumuls de pluie, atteignant jusqu'à 250 mm par heure, ont provoqué des débordements du Vistre et du Rhôny, laissant des routes inondées et des villages isolés. Si aucune victime humaine n'est à déplorer, les dégâts matériels et agricoles sont considérables.
Des villages encore isolés
Au Cailar, la situation s'améliore lentement. Les différentes sorties de la commune restaient bloquées ce mercredi 21 octobre, isolant le village. Le maire Joël Tena a indiqué que les accès pourraient être rouverts dans les prochaines heures, voire jeudi. "C'est toujours inondé, mais ça commence à baisser", a-t-il confié.
La veille, les fortes pluies ont fait déborder le Vistre et le Rhôny, occasionnant des dégâts dans les garages et certaines maisons. Une dizaine de personnes ont été accueillies dans une salle mise à disposition par la mairie, avant d'être relogées chez des proches. Les services municipaux utilisaient des systèmes de pompage pour évacuer l'eau du Vistre.
Le désarroi des éleveurs
À La Rouvière, l'éleveur ovin Louis Maréchal, installé depuis dix ans, a perdu 70 agneaux dans la nuit. "On est actuellement en pleine période d'agnelage, et à cause de la sécheresse, on n'a pas pu mettre le troupeau où l'on voulait. Donc on l'a mis autour du parc, et l'eau est montée très rapidement. La plupart sont morts noyés, d'autres sont morts de froid", a-t-il déploré.
Cette perte pourrait avoir des conséquences indirectes sur le reste du troupeau. "Les brebis qui ont perdu leurs agneaux continuent à produire du lait. S'il n'y a pas de bébés pour téter, le lait peut tourner", a expliqué l'éleveur de 27 ans, évoquant un risque de mammite, une infection de la mamelle. Il espère que la calamité agricole sera reconnue pour compenser les dégâts.
Le manadier Renaud Vinuesa, dont le cheptel compte 200 taureaux et 70 chevaux, était également à pied d'œuvre. "Il y a près d'un mètre d'eau sur les terres, et une quinzaine de centimètres dans le mas", a-t-il détaillé, précisant qu'une soixantaine de taureaux étaient toujours sur des terrains partiellement inondés. Ses pertes s'élèvent pour l'heure à un poulain foudroyé.
Le nettoyage s'organise
À Aimargues, le maire Jean-Paul Franc a dressé les premiers constats. "Ce matin, l'eau était pratiquement évacuée partout. Les services de la Ville nettoient maintenant les routes", a-t-il souligné. La veille, les résidents du camping et des Ehpad ont été temporairement évacués dans la salle communale. Les résidents des Ehpad ont pu regagner l'établissement dans la soirée, mais le camping restait privé d'électricité.
Dans le hameau de Gallician, sur la commune de Vauvert, le gérant du café du Pont a estimé que l'eau était montée jusqu'à 70 cm. "Nous avons perdu les denrées alimentaires des réfrigérateurs et congélateurs en panne d'électricité", s'est-il désolé. Le maire Nicolas Meizonnet a promis que les équipes du CCAS aideraient les sinistrés dans leurs démarches auprès des assurances.
Malgré la violence de l'épisode, le maire d'Aimargues a relativisé : "Ça aurait pu être pire. Le Rhôny et la Cubelle ont débordé et se sont rejoints, mais s'il y avait eu le Vidourle en plus, ça aurait été comme en 2002, avec des conséquences plus dramatiques." La météo devrait offrir un répit dans les prochains jours, même si des nuages annoncés ce week-end suscitent une certaine anxiété.