Ce dimanche 2 août, en milieu d’après-midi, le contrôleur général Éric Grohin, directeur départemental du SDIS 83, a dressé un premier bilan de la lutte engagée contre l’incendie qui ravage le Var. Alors que les flammes mobilisent toujours d’importants moyens aériens et terrestres, le responsable a tenu à saluer le travail des sapeurs-pompiers sur le front.
Des centaines de maisons défendues
« On a défendu des centaines et des centaines de maisons », a insisté Éric Grohin lors d’un point presse organisé en milieu d’après-midi. Un constat qu’il veut positif malgré les pertes enregistrées. Certaines habitations ont en effet été détruites par le feu, souvent, selon lui, parce que les propriétaires n’avaient pas réalisé de débroussaillement autour de leur terrain.
Le directeur du SDIS 83 a également indiqué qu’une cinquantaine de véhicules de pompiers avaient fait l’objet d’appels d’urgence au plus fort de la crise. Ces engins, dont la robustesse a été saluée, ont permis aux équipes d’intervenir dans des conditions difficiles. Le bilan global des opérations est, selon lui, à mettre au crédit des équipes engagées.
Des véhicules de plus en plus sûrs
« Ils sont, je dois le dire, depuis ces dernières années, extrêmement sécurisés, notamment au niveau des cabines », a expliqué le contrôleur général. Une sécurité renforcée qui résulte d’années d’investissements et de retours d’expérience, et qui s’est avérée précieuse face à un sinistre d’une telle ampleur.
La lutte dure depuis quatorze jours dans le Var, et les pompiers doivent s’adapter chaque jour aux conditions changeantes. La végétation sèche, le vent et les températures élevées rendent le travail des équipes particulièrement pénible, mais elles poursuivent leurs missions sans relâche.
Des opérations d’évacuation menées dans l’urgence
Éric Grohin est revenu sur les premières heures de l’incendie, marquées par des évacuations en série. « Quand il a fallu aller défendre des maisons, comme on l’a fait au départ du feu, retirer des familles qui étaient à l’intérieur, on était obligés d’y aller, et on y va », a-t-il raconté. Une situation qui contraste avec les procédures habituellement appliquées en matière de sécurité.
« Là, on n’y va pas sans se soucier du danger », insiste le directeur, soulignant que chaque intervention fait l’objet d’une évaluation des risques. Malgré tout, la nécessité de protéger des vies humaines a poussé les équipes à s’engager au plus près des habitations menacées, parfois au péril de leur propre sécurité.
Pas de camion derrière chaque maison : les raisons du SDIS
Face aux critiques entendues sur le terrain, le directeur du SDIS 83 a répondu directement : « On comprend qu’on ne saisisse pas qu’il n’y ait pas un camion de sapeurs-pompiers derrière chaque maison, mais ce n’est pas possible ». Il avance deux explications. D’une part, concentrer tous les moyens sur les habitations empêcherait de combattre le feu à la source, au risque de le laisser s’étendre. D’autre part, certains secteurs sont tout simplement non défendables en raison de leur configuration.
Dans ces zones, l’évacuation des populations reste la seule solution viable. Les pompiers privilégient alors la mise en sécurité des habitants, quitte à laisser les flammes progresser sur des espaces où toute action serait vaine. La priorité est claire : sauver des vies avant de protéger des biens.
« La vie, c'est notre priorité »
« La vie, c’est notre priorité. La protection des biens aussi, c’est ce qui a été fait sur ce feu. Néanmoins, le 100 % n’est pas possible, vu les configurations que l’on peut trouver sur le terrain », a conclu Éric Grohin. Un rappel à destination des habitants, souvent impuissants face à la puissance du sinistre.
« Ces feux-là ne sont pas sans danger », a-t-il ajouté, soulignant que les sapeurs-pompiers évoluent dans un environnement extrêmement instable. Alors que l’incendie n’est pas encore fixé, les équipes restent mobilisées pour protéger les zones encore épargnées et accompagner les populations sinistrées.



