Inondations dévastatrices à Langon : la rue des Tanneries ravagée par les eaux
Inondations à Langon : une rue dévastée par les eaux

Les pluies diluviennes de dimanche ont transformé le ruisseau du centre-ville de Langon en un torrent furieux. La rue des Tanneries, une petite artère résidentielle qui longe le ruisseau le Brion, a été dévastée. Les habitants, habitués aux inondations remontant de la Garonne, n'avaient jamais connu une telle catastrophe.

Un torrent soudain et violent

Dimanche après-midi, en quelques minutes, le débit du ruisseau a pris une ampleur exceptionnelle avant de se séparer en deux et de transformer la rue des Tanneries en un torrent furieux. Toutes les maisons ont été inondées. Si aucune victime n'est à déplorer, les dégâts matériels sont très importants.

« Tout s'est passé très vite. L'eau a commencé à rentrer dans le garage, on a vite sorti nos deux voitures. Le temps que l'on revienne, il y avait 40 cm d'eau dans la rue. On a sorti le sèche-linge, le lave-linge, mais le frigo avait déjà pris l'eau. C'est monté à 1,40 mètre », raconte Cédric Bergadieu, habitant depuis douze ans. Personne à Langon n'avait jamais vu cela.

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Des dégâts matériels considérables

Dans la rue, les stigmates de cet événement climatique qualifié de centennal sont visibles. Par endroits, la chaussée a entièrement sauté, éventrée sur plusieurs dizaines de centimètres de profondeur. Une murette en pierre est effondrée, percutée par une voiture emportée par les flots. Les riverains nettoient et sauvent ce qu'ils peuvent. Partout sur les murs, le niveau de l'eau a laissé sa marque à hauteur du regard.

Maurice Liégeois montre sa voiture, soulevée par l'eau et déportée contre son tas de bois. Pour sa voisine Valérie, les dégâts sont plus graves : son atelier de menuiserie et de décoration intérieure a été dévasté. « J'ai perdu tout mon matériel professionnel. Tout l'outillage électroportatif est resté dans la flotte », déplore-t-elle.

Une maison récemment achetée dévastée

Mais c'est peut-être la maison de Nadine Lacroix, en amont, où la désolation est la plus grande. Choquée, elle raconte comment elle s'est réfugiée avec son fils à l'étage dans la nuit de dimanche à lundi. Éclairés à la bougie, ils ont assisté aux assauts du Brion contre leur maison qu'ils venaient d'aménager. « Juste le temps de tout amener et puis de tout perdre. »

À 2 mètres de haut depuis le niveau du jardin, le torrent a fini par exploser la baie vitrée de la cuisine et a inondé tout le rez-de-chaussée. « À chaque bruit, on avait peur qu'une vitre cède. On n'avait plus d'électricité et plus de batterie pour contacter les pompiers », raconte son fils. « On a acheté la maison en décembre. On venait juste d'y habiter. C'est impressionnant », livre Nadine Lacroix, encore sous le choc.

Reconnaissance de catastrophe naturelle

Dès lundi, le maire de Langon, Philippe Plagnol, a déposé une déclaration de catastrophe naturelle afin d'accélérer et de faciliter les démarches avec les assurances. « On a tablé sur 50 maisons », précise l'élu, qui indique que le lotissement du hameau de Gacian a également beaucoup souffert. « Là-bas, ce sont des maisons modernes. Il y a des dégâts énormes. C'est une véritable rivière qui est arrivée du haut de Fargues, dont la zone d'activité a été bétonnée. »

En Sud-Gironde, secteur le plus touché du département, les pompiers ont procédé à 172 opérations. Les ruisseaux le Beuve et la Bassanne et la rivière Ciron, sur la rive gauche de la Garonne, ont provoqué « de très gros dégâts », indique le sous-préfet Éric Suzanne. « Une circulaire va être produite pour demander la reconnaissance de catastrophe naturelle. Une quinzaine de communes a été fortement touchée. »

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