Depuis trois jours, un feu violent consume la forêt des Landes, poussé par un vent d'ouest soutenu. Les flammes ont déjà franchi les premières lignes de défense à Cestas et Marcheprime, à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux. Les pompiers redoutent désormais une propagation rapide vers la métropole girondine, où vivent plus de 800 000 personnes.
Un feu hors norme qui a déjà ravagé 3 000 hectares
Selon le lieutenant-colonel des pompiers de la Gironde, Jean-Marc Ferret, 'la situation est critique mais nous mettons tout en œuvre pour protéger les habitations.' Les moyens aériens sont mobilisés en nombre : quatre Canadair, deux Dash et un hélicoptère bombardier d'eau effectuent des rotations depuis l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Au sol, plus de 600 pompiers, venus de toute la Nouvelle-Aquitaine, luttent contre les flammes. 'Nous avons dû établir des pare-feux sur plus de 15 kilomètres pour tenter de freiner l'avancée du front', explique le commandant des opérations.
Évacuations massives et routes coupées
Les autorités ont ordonné l'évacuation de plusieurs hameaux et lotissements dans les communes de Cestas et Marcheprime. Au total, 2 500 habitants ont dû quitter leur domicile. Un centre d'hébergement d'urgence a été ouvert à la salle des fêtes de Léognan. 'Nous avons emmené nos papiers et nos animaux. On ne sait pas si on retrouvera notre maison', témoigne Marie, une habitante de Marcheprime. Les axes routiers majeurs, dont l'A63 et la D214, sont fermés à la circulation. Les autorités appellent les automobilistes à éviter le secteur.
La menace sur Bordeaux se précise
Les flammes se rapprochent dangereusement de la rocade bordelaise. La préfecture de la Gironde a activé le niveau de vigilance maximal. Des renforts de pompiers sont attendus dans la journée en provenance des régions Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes. 'Nous craignons que le feu ne saute la route et n'atteigne les premières habitations de la banlieue sud de Bordeaux', confie un officier du SDIS 33. Les pompiers luttent sans relâche, mais les conditions météorologiques restent défavorables : températures élevées, hygrométrie basse et vents violents.
Un dispositif de protection des zones urbanisées
Les équipes de la sécurité civile ont déployé un vaste dispositif de protection autour des zones résidentielles. Des camions-citernes sont positionnés stratégiquement, et des équipes spécialisées dans les feux de forêt patrouillent le long des interfaces habitat-forêt. 'Nous utilisons des produits retardants pour créer une barrière humide autour des maisons', détaille le colonel Ferret. Par ailleurs, des bâtiments publics, comme les écoles et les mairies, sont préparés pour servir d'abris temporaires si nécessaire.



