Le maire de Montfort-sur-Argens, Philippe Chuyen, a fait le point, ce dimanche 2 août au matin, après une nuit plus calme que les précédentes. « Nous avons eu une nuit calme. Le vent est tombé vers minuit hier, confie-t-il. Mais l’incendie du Val/Correns, en face de Montfort-sur-Argens, a continué à être très actif toute la nuit. » L’édile, qui avait déjà alerté sur la dangerosité de la situation samedi, reste sur ses gardes.
Plusieurs centaines d’habitants évacués ont pu réintégrer leurs logements hier, dans la journée, mais la situation demeure fragile. Le sinistre, qui évolue toujours dans la vallée du Val/Correns, n’est pas fixé, et les conditions météorologiques de ce dimanche ne permettent aucune décrue. Face à un front qui semble interminable, le maire répète que la priorité est de protéger les vies humaines.
Vent changeant et points chauds : l’inquiétude du maire
Philippe Chuyen ne masque pas son inquiétude face à un brasier qui semble sans fin. « On se demande quand on va sortir de ce tunnel… Tant que la météo n’évoluera pas, on aura des problèmes, insiste-t-il. Particulièrement à cause de ce vent, très changeant. D’autant que la surface brûlée est énorme avec de nombreux points chauds et des risques de reprise. Le feu avance de façon erratique, il se promène… » Ce sont ces reprises, imprévisibles, qui poussent l’édile à appeler à la plus grande prudence.
Le maire espère une amélioration durable : « Il faudrait qu’on puisse bénéficier d’un gros orage et/ou d’une baisse des températures… » Mais les services météorologiques n’annoncent, pour l’heure, ni orage ni refroidissement. Au contraire, un vent de sud est attendu ce dimanche sur le littoral varois et l’arrière-pays, ce qui complique encore la tâche des équipes déployées. Le vent, qui avait faibli en fin de nuit, pourrait donc se renforcer en cours de journée, un scénario que redoutent les équipes au sol.
Feu « stabilisé mais pas fixé », 450 largages effectués
Selon les autorités, l’incendie est actuellement « stabilisé mais pas fixé ». Cette différence est cruciale : le front ne progresse plus de façon active, mais des reprises restent possibles à tout moment. Pour limiter les départs de feu, plus de 450 largages d’eau ont été réalisés par les avions et hélicoptères bombardiers d’eau. Ces rotations aériennes vont se poursuivre tout au long de la journée, dans la limite des conditions de vol.
La surface brûlée est qualifiée d’« énorme » par le maire. De nombreux foyers couvent encore sous les cendres, et la moindre rafale peut les ranimer. Les sapeurs-pompiers s’emploient à noyer ces points chauds un à un, mais l’ampleur de la zone rend cet exercice long et éprouvant. Les moyens aériens, bien que nombreux, ne sont pas toujours en mesure de décoller, selon la force des rafales.
Évacuations : les habitants de retour, la prudence reste de mise
Dans le village de Montfort-sur-Argens, plusieurs centaines de personnes avaient été évacuées samedi, en prévision d’une nuit marquée par un vent violent. « Hier soir, nous étions encerclés par les flammes », relatent les témoignages relayés par le maire. Les retours au domicile se sont organisés progressivement, mais certains secteurs demeurent interdits, le temps que les pompiers sécurisent les abords.
La municipalité demande aux habitants de ne pas entraver le travail des secours et de rester informés de l’évolution du périmètre. Les routes d’accès vers les zones les plus exposées sont toujours réglementées, notamment autour du massif du Val/Correns. Le maire a par ailleurs insisté sur le caractère imprévisible du feu, capable de changer de direction en quelques minutes.
Un après-midi décisif pour renforcer les pare-feu
Ce dimanche après-midi sera déterminant. Les colonnes de renforts, parfois venues d’autres départements du Sud-Est, vont tenter d’élargir les pare-feu et de fiabiliser les secteurs déjà brûlés. L’arrivée d’un vent de sud constitue un paramètre à surveiller de près. « Le feu avance de façon erratique, il se promène », rappelle l’édile. Une phrase qui résume la difficulté du travail des soldats du feu sur ce terrain vallonné, où la végétation sèche offre un combustible particulièrement favorable aux flammes.
La situation devrait évoluer dans la soirée, avec un nouveau point de communication des autorités. En attendant, habitants et secours restent suspendus à la météo et à la pluie promise, espérée, mais pour l’instant absente des prévisions. Le maire espère être en mesure de donner une nouvelle estimation de la surface brûlée dans les prochaines heures.



