Ce dimanche après-midi, les autorités affichent une mine grave mais déterminée au poste de commandement établi à Pontevès depuis mardi, pour lutter contre cet incendie devenu aussi interminable qu’insaisissable. Le feu, baptisé « feu toupie » en raison de son comportement erratique, continue de défier les moyens déployés.
Un « feu toupie » pluridimensionnel
« Le feu est toujours très, très actif. C’est un véritable « feu toupie » pluridimensionnel. Au gré des changements de vent, il va dans un sens, retourne dans l’autre sens », observe le préfet Simon Babre. « Tout n’est pas brûlé sur son premier passage, ce qui laisse du combustible disponible pour son retour. Ce dimanche, nous observons encore de nombreuses reprises de flamme, sous un mistral soufflant en rafale jusqu’à 45 km/h. »
Le dispositif au sol compte plus d'un millier d'hommes, soutenus par 2 Canadairs, 1 Dash et 7 hélicoptères bombardiers d'eau (HBE), dont deux lourds dont l'action équivaut à celle d'un Canadair. Quatre postes de commandement et des piscines provisoires pour le pompage des HBE sont répartis autour du sinistre.
Priorité absolue : protéger les populations
« Il s’agit de traiter en priorité les fronts de feu les plus actifs, au sud de Barjols, à Pontevès au sud du petit Bessillon, et à l’ouest de Correns. L’action consiste à établir des verrous pour tenir le feu, et qu’il ne passe pas, car derrière il trouverait des cônes d’expansion où gagner du terrain », explique le préfet.
Une veille active, avec les maires et les officiers de sapeurs-pompiers, permet de gérer les départs de feu et les éventuelles consignes d’évacuation au plus près du terrain. « Puisque ce feu va et vient, il n’est pas exclu que des populations déjà évacuées, qui ont pu réintégrer leurs domiciles, soient à nouveau évacuées, ce qui peut être éprouvant pour les nerfs et le moral », ajoute-t-il.
Pas d’extinction avant le milieu de semaine
« Notre organisation logistique est établie afin de s’installer dans un temps long. Nous n’avons pas de perspectives d’extinction de ce feu aujourd’hui, et les conditions devraient être encore défavorables demain, avec le mistral à nouveau. Nous ne sommes pas optimistes, mais œuvrons à le contenir dans son enveloppe avec cette logique de verrou. Nos espoirs sont plutôt fondés sur le milieu de semaine prochaine, où nous pourrions avoir de nouveau des entrées maritimes et donc des régimes hygrométriques plus favorables à la lutte contre le feu », déclare le préfet.
Le contrôleur général Eric Grohin, directeur du Sdis du Var, confirme : « Nous œuvrons d’abord à la protection des populations, voire des biens. Et ensuite il s’agit de procéder à l’extinction du feu. Mais on n’a jamais encore pu aller sur cette phase, très prenante, depuis le début de ce feu. Il est extrêmement dynamique, et nous sommes tout occupés à faire de la défense de points sensibles, des maisons, et même des villages. Nous ne pourrons faire ce travail de fond que lorsque les conditions seront propices. Donc pas ce dimanche, a priori pas lundi, et peut-être à partir de mardi ou mercredi. »
Le préfet du Var remercie « les entreprises de transport pour l’aide apportée par les camions-citernes qui alimentent ces piscines en eau ». Ce dimanche, le sixième jour de l’incendie de Pontevès, la pluie espérée samedi soir n’est pas venue, annonçant malheureusement d’autres jours de lutte à venir.



