La préfecture de Gironde a livré un point de situation ce dimanche matin, au onzième jour d'un mégafeu qui a déjà parcouru 42 000 hectares de forêt près de Bordeaux. La situation est jugée « stable » : le feu, fixé depuis samedi, « n'évolue plus » dans son périmètre. Mais il n'est pas « éteint », et des secteurs actifs persistent sur les communes de Lège et du Porge, dont les habitants n'ont pas encore pu regagner leurs foyers.
Un mégafeu sous contrôle, mais des foyers résiduels
La préfecture insiste : le niveau de vigilance feux de forêt reste rouge, signe que le danger demeure maximal. Le capitaine Nicolas Braz, officier de communication du SDIS 33, a évoqué « des reprises de feu à la marge dans les foyers encore actifs » au cours de la nuit de samedi à dimanche. Pour éviter toute nouvelle extension, les sapeurs-pompiers multiplient les opérations de forestage. Cette technique, essentielle dans la lutte contre les grands incendies, consiste à ouvrir des passages dans la végétation, à couper les arbres et les broussailles pour créer des pare-feux, et à traiter les lisières afin de ralentir la progression du feu.
Une aide internationale qui se concrétise
Face à l'ampleur du sinistre, la France a reçu l'appui de ses partenaires. Des sapeurs-pompiers ukrainiens, lituaniens et polynésiens doivent arriver ce dimanche et lundi dans le cadre du Mécanisme européen de protection civile. Ce dispositif permet de mutualiser les ressources des États membres et des pays participants en cas de catastrophe majeure. Les missions exactes de ces renforts ne sont pas encore définies, mais ils viendront épauler les équipes déjà épuisées par dix jours de lutte intensive. Les moyens aériens demeurent « conséquents », avec dix avions Air Tractor et un avion Dash, selon le capitaine Nicolas Braz, pour « poursuivre dans la même dynamique positive ».
Près de 16 000 personnes encore éloignées de leur domicile
Le bilan humain et matériel reste lourd. Sur les 224 000 personnes évacuées au plus fort de la crise, 208 000 ont été autorisées à rentrer chez elles. Cela signifie que 16 000 personnes sont toujours déplacées, principalement dans les zones encore actives. Le mégafeu a aussi causé la mort de deux sapeurs-pompiers, un drame qui a marqué les esprits et rappelé les risques encourus par les intervenants.
Un coordinateur national pour la reconstruction
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, dans un entretien à La Tribune Dimanche, la nomination d'un « coordinateur national » rattaché à Matignon pour piloter le chantier de reconstruction des zones sinistrées. Cette décision intervient alors que plus de 117 000 hectares de forêt ont brûlé en France depuis le début de l'année. Un bilan record qui pose la question de la gestion durable des forêts, de l'aménagement du territoire et de la prévention des risques. Le coordinateur devra coordonner les actions de l'État, des collectivités et des acteurs locaux pour reconstruire les habitations et restaurer les écosystèmes.
Une attention toujours maximale
En attendant, la priorité reste la sécurisation des zones touchées. Les services de la préfecture appellent à la plus grande vigilance, alors que les conditions météorologiques restent propices aux incendies. Les habitants évacués doivent patienter jusqu'à ce que les autorités estiment que leur retour ne présente plus aucun danger. La lutte contre les points chauds se poursuit sans relâche, avec le soutien des renforts internationaux. La Gironde, marquée par cet été dévastateur, espère désormais une accalmie durable pour permettre aux pompiers de venir à bout du dernier foyer.



