Digues de second rang : le projet Vidourle accélère dans le Gard
Digues de second rang : le projet Vidourle accélère

L'EPTB Vidourle accélère le projet de digues de second rang en rive gauche, côté Gard, pour protéger les communes d'Aimargues et de Gallargues-le-Montueux contre les crues. La concertation préalable se déroulera du 3 novembre au 21 janvier 2027. Le coût global du projet s'élève à 24 millions d'euros.

Un projet attendu depuis la crue de 2002

Les pluies diluviennes tombées en début de semaine sur la Petite Camargue, qui ont provoqué des inondations à Aimargues et l'évacuation d'un Ehpad, rappellent l'urgence. Depuis la crue historique du Vidourle en 2002, le projet de digue de second rang semblait être devenu un serpent de mer. L'EPTB Vidourle, établissement public chargé de la gestion du fleuve et de la protection contre les inondations, a décidé d'accélérer le dossier, inscrit dans le plan Papi 3.

« Après plusieurs années d'études, de travail et de réflexion collective, le projet entre désormais dans une nouvelle phase avec l'engagement des procédures réglementaires », indique Stéphane Porret, président de l'EPTB et maire de Sommières.

Des digues au plus près des zones à protéger

Le principe retenu repose sur la création de digues de second rang autour des zones urbaines et de certains secteurs d'activité, notamment le secteur industriel de Royal Canin. « Cette protection rapprochée permet de mettre à l'abri, en cas d'une crue comparable à celle de 2002, les habitations et les activités économiques les plus exposées, ainsi que certains tronçons routiers, tout en conservant le fonctionnement hydraulique général de plaine inondable. C'est un complément indispensable aux digues de premier rang déjà renforcées », explique Stéphane Porret.

À Gallargues-le-Montueux, le projet prévoit 1 400 mètres de digue en remblai et 200 mètres de digue mince le long de la voie ferrée, avec une hauteur de 0,1 mètre le long de l'autoroute et 4 mètres près de la voie ferrée. Il doit protéger 107 habitations inondables, ainsi que des activités économiques, des infrastructures communales et plusieurs routes. Son coût est de 8,09 millions d'euros, alors que les dommages d'une crue décennale atteindraient 5,40 millions d'euros et que la délocalisation des habitations coûterait 22,80 millions d'euros.

Des investissements jugés nécessaires

À Aimargues, l'opération concerne 2 000 mètres de digue nord et 3 000 mètres de digue sud. Elle doit protéger 88 % des 1 300 habitations actuellement inondables, ainsi que tout le secteur industriel – soit 338 entreprises – autour de Royal Canin et 33 kilomètres de routes. Son coût est de 16 millions d'euros, à comparer aux 18 millions d'euros de dégâts qu'une crue de retour 10 ans engendrerait, et aux 132 millions d'euros pour une crue similaire à celle de 2002. L'État, la Région et le Département financeront 80 % du projet.

« On sait qu'on a une épée de Damoclès au-dessus de la tête en permanence. C'est donc globalement un projet qui est très attendu », intervient Serge Rouvière, directeur général des services techniques de l'EPTB, qui espère lancer les travaux « dès 2029 ». Pour cela, les services ont anticipé certaines étapes comme les inventaires écologiques ou les premiers échanges sur les acquisitions foncières. « L'idée étant de présenter un dossier béton qui ne sera pas ou peu contesté ».

Concertation préalable et calendrier

La concertation préalable débutera le mardi 3 novembre avec une réunion publique à 18 h à Gallargues (ancienne gare), suivie d'une séance le jeudi 5 novembre à 18 h à Aimargues. Deux réunions thématiques sont prévues : sur les enjeux environnementaux le 30 novembre à 18 h à Gallargues, et sur les enjeux agricoles le 8 décembre à 18 h à Aimargues. Des permanences ouvertes au public auront lieu à Aimargues (mardi 2 décembre et jeudi 7 janvier) et à Gallargues (jeudi 17 novembre et jeudi 17 décembre). Les réunions de clôture se tiendront les mardi 19 janvier à 18 h à Aimargues et jeudi 21 janvier à Gallargues.

Le public est invité à consulter le dossier sur www.vidourle.org et à donner son avis par mail à concertation.rive-gauche@vidourle.fr. La commission nationale du débat public, autorité indépendante, veillera au bon déroulé de la concertation. L'enquête publique est prévue en 2028, dernière étape avant les travaux, vingt-sept ans après la dernière Vidourlade historique.