Une semaine après la décrue, le nettoyage continue dans le Marmandais
Bientôt une semaine après la décrue de la Garonne, les habitants des villages du Marmandais, comme Jusix situé entre Marmande et La Réole, poursuivent inlassablement le nettoyage de leurs intérieurs dévastés par les inondations. Anaëlle montre les traces encore visibles sur les murs, révélant le niveau impressionnant atteint par les eaux. Pour beaucoup, le retour à la normale s'annonce long et laborieux.
Le limon, une odeur persistante et désagréable
« Ça pue ! » s'exclame Carine Caussieu, résumant le sentiment général. Le limon, habituellement vénéré par les agriculteurs locaux pour sa fertilité, a laissé un souvenir olfactif particulièrement désagréable dans les narines des sinistrés. Palmyre, la doyenne du village, se souvient parfaitement de son retour au domicile il y a dix jours, après avoir passé quatre nuits à l'extérieur. Comme elle, de nombreux habitants sont revenus chez eux en bateau avant que les routes ne redeviennent accessibles aux voitures.
Des dégâts matériels considérables
Tatiana et Florian Bolzan, avec leurs enfants, habitant route du bourg, ont également regagné leur maison en barque pour ne pas perdre de temps, deux jours après Palmyre. Des traces de boue persistent dans la chambre de Tatiana, témoignant de l'ampleur de l'inondation. « Les portes en bois étaient bloquées. On a peiné à les ouvrir et c'est là que nous avons découvert des tas de gadoue, partout. Avec une odeur horrible de vase mélangée à la viande qui a moisi dans les congélateurs, faute d'électricité », décrit la mère de famille, visiblement dépitée.
Les murs sont maculés de taches révélant la hauteur de la crue. Par crainte des assurances, Tatiana a pris des dizaines de photos pour se couvrir. Après avoir avancé les frais pour plusieurs nuits dans un gîte, elle attend désormais le passage de l'expert prévu début mars. Dans le salon, tout avait été surélevé, mais le canapé est maintenant moisi. Les appareils électroménagers comme le congélateur et la machine à laver, considérés comme « fichus », sont stockés dans la grange.
La solidarité face à l'adversité
Malgré les difficultés, Tatiana trouve une lueur d'espoir : « Pendant la galère, on s'est fait des amis ». Cette solidarité se manifeste aussi chez Colette, une autre habitante de Jusix, qui vient de pénétrer chez elle après dix jours passés chez sa petite-fille. Les dégâts sont si importants qu'elle ne peut pas encore y habiter. Un ancien voisin, venu prêter main-forte, plaisante en proposant une fondue, tandis que Colette et sa petite-fille Anaëlle répondent en évoquant une « poêlée de champignons », en référence aux moisissures visibles sur le mur en pierre.
Colette, équipée d'une combinaison de nettoyage qui rappelle le serial killer de la série « Dexter », explique : « Attendez, hier j'avais de la boue partout sur ma polaire ». La retraitée est déterminée à ne pas quitter son logement à son âge. Florian et Tatiana partagent cette résolution : « Nous ne vendrons pas, on ne trouvera pas l'équivalent pour autant de surface. Mais oui, on va sans doute aménager le grenier si un épisode de crue se répète », confie l'accompagnante éducative et sociale.
Une odeur pestilentielle qui persiste
Presque une semaine après la décrue, des effluves de vase persistent sur la place centrale du village de Jusix. Sur la route qui mène à Marmande, notamment sur les digues de Sainte-Bazeille et à l'orée des champs, l'odeur est carrément pestilentielle, rappelant constamment aux habitants les stigmates de cette crue dévastatrice. Le processus de reconstruction et de retour à la normale s'annonce encore long pour les sinistrés du Marmandais.



