450 sapins de Sicile plantés en Isère pour anticiper le réchauffement
Sapins de Sicile plantés en Isère face au climat

Mercredi 30 septembre, une opération inédite s'est déroulée à Oz-en-Oisans, en Isère : quelque 450 sapins de Sicile ont été plantés à 1.600 mètres d'altitude. Objectif : anticiper les effets du réchauffement climatique sur les forêts de montagne, rapporte Le Dauphiné Libéré.

Une expérimentation liée à l'opération « Pulls rouges »

Cette plantation s'inscrit dans le cadre de l'opération « Pulls rouges », lancée il y a deux ans par l'École du ski français (ESF). Le principe : planter un arbre pour chaque nouveau moniteur de ski intronisé. Xavier Perrier-Michon, membre du comité directeur du Syndicat national des moniteurs du ski français, explique : « Les moniteurs sont forcément très sensibles à leur environnement, car ils y travaillent et y vivent. En lien avec l'Office national des forêts (ONF), on réfléchit à des secteurs pour qu'il y ait un véritable sens pour les forêts. »

Adapter les forêts aux conditions climatiques futures

Face à la hausse des températures, l'ONF étudie notamment l'introduction d'essences originaires du bassin méditerranéen. Erick Salvatori, responsable de l'unité locale de l'ONF, précise : « Nous avons vécu une véritable saison sèche cette année, mais cela va devenir la norme à la fin du siècle, avec des conditions que l'on retrouve dans le sud de l'Espagne, en Italie et en Grèce. Nous réfléchissons alors à adapter nos forêts. »

L'introduction de ces sapins siciliens répond à un enjeu de diversification des essences forestières. Ils viennent enrichir un patrimoine sylvicole qui compte déjà 75 espèces différentes sur le territoire. L'objectif est d'anticiper les évolutions climatiques et leurs conséquences sur les forêts existantes.

Un pas vers la résilience des forêts de montagne

Cette expérimentation vise à tester la capacité de ces conifères méditerranéens à s'adapter à des conditions climatiques plus sèches et plus chaudes, comme celles attendues dans les décennies à venir. En diversifiant les essences, les forestiers espèrent renforcer la résilience des forêts face aux sécheresses et aux maladies. Les résultats de cette plantation pourraient guider de futures décisions en matière de gestion forestière dans les Alpes.