En déplacement dans le Var, la navigatrice et ministre déléguée chargée de la Mer Catherine Chabaud a plaidé pour « la concertation entre toutes les parties » afin de réduire les collisions entre les mammifères marins et les navires en Méditerranée. Lors d’une table ronde à Hyères le 17 juillet 2026, elle a déclaré : « Réduire un peu la vitesse ? Moi j’y suis assez favorable, mais il faut savoir où on met le curseur. Et faut-il l’imposer partout ? C’est compliqué. » Elle a proposé une expérimentation à l’échelle des parcs marins.
Une politique des petits pas assumée
La ministre assume « la politique des petits pas » sur ce dossier. Elle souhaite « arriver à capter l’attention des plaisanciers, à rendre les contraintes positives » et en appelle à « la prise de conscience de chacun ». Selon elle, « ce n’est pas l’État qui va décider de manière unilatérale, il faut mener la concertation entre toutes les parties ».
Les scientifiques appellent à des mesures effectives
Léa David, nouvelle présidente du conseil scientifique du sanctuaire Pelagos, est plus directe : « La connaissance est suffisante. Sur les espèces, sur les impacts et sur les solutions. Ce qui nous manque aujourd’hui, ce sont des mesures effectives. » Elle rappelle que les collisions touchent non seulement les grandes espèces comme le cachalot, mais aussi les globicéphales, les dauphins de Risso et la baleine à bec de Cuvier. « Plus un bateau est rapide, plus l’animal est potentiellement surpris et n’a pas le temps de réagir. »
La France, responsable du cachalot en Méditerranée
Les cétacés se concentrent dans un « triangle d’or » au large de Porquerolles, jusqu’à la Sardaigne et l’Italie, qui correspond au périmètre du sanctuaire Pelagos. Léa David souligne : « La France a la responsabilité du cachalot pour la Méditerranée. » La réduction de la vitesse est « une mesure efficace », selon elle, et les scientifiques sont prêts à conseiller les autorités.
Un témoignage direct de la ministre
Catherine Chabaud a elle-même vu une carcasse de cachalot dérivant au large du Var, portant une marque d’hélice. « Le cachalot que nous avons vu, il a une marque. Il a été blessé. Il a la marque du passage d’une hélice », a-t-elle raconté. Ce constat renforce l’urgence d’agir, mais la ministre mise sur la concertation plutôt que sur des décisions unilatérales.



