Le parquet de Bordeaux a annoncé vendredi que cinq hommes supplémentaires ont été mis en examen depuis le début de l'année dans le cadre d'une enquête pour viols collectifs filmés, accompagnés d'actes de barbarie, commis en milieu libertin. Selon le procureur de la République Renaud Gaudeul, 19 hommes sont désormais mis en examen et six victimes ont été identifiées, dont cinq se sont constituées parties civiles. Ces informations, confirmant des révélations du Monde, marquent une nouvelle étape dans cette affaire débutée en 2023.
Des mises en examen en cascade depuis janvier
Selon une source proche de l'enquête, quatre de ces cinq nouvelles mises en examen sont intervenues dès janvier. L'affaire a éclaté en 2023 lorsqu'une victime a porté plainte contre son ex-conjoint, né en 1969, dénonçant des viols collectifs commis par lui et des hommes qu'il invitait. D'autres compagnes successives de cet homme, entendues par les enquêteurs, ont également déclaré avoir subi les mêmes faits.
Plusieurs vagues d'interpellations
Au printemps 2025, une première vague d'interpellations avait conduit à la mise en examen et à la détention provisoire de quatre hommes, âgés de 40 à 57 ans, dont l'ex-conjoint. Ils sont poursuivis pour viols avec actes de torture et de barbarie commis entre 2011 et 2024, l'un d'eux étant également poursuivi pour complicité. Ces faits encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Des coups de filet successifs ont concerné quatre hommes en juin 2025, puis six autres en décembre 2025.
Des dizaines de vidéos retrouvées
Au domicile de l'ex-conjoint, un quinquagénaire travaillant dans la maintenance, les enquêteurs ont découvert des dizaines de vidéos. Lors de son interpellation, ce dernier ne contestait pas « les pratiques » mais bien « le fait que cela puisse constituer des faits de viols », selon son avocat Julien Plouton. L'exploitation des images a permis de caractériser l'absence de consentement des femmes, le parquet évoquant « des hurlements de douleur ».
Une centaine de participants recensés
Selon Le Monde, environ une centaine d'« objectifs potentiels », c'est-à-dire de participants identifiés, ont été recensés par les enquêteurs. Outre l'identification de certains participants, les vidéos ont permis de localiser les lieux de tournage : au domicile du principal mis en cause, dans des clubs libertins de la métropole bordelaise, sur la voie publique à Bordeaux, mais aussi dans l'Hérault et le Gard.



