Depuis plusieurs semaines, Madagascar est secoué par une vague de violence sans précédent, marquée par la multiplication des disparitions d'enfants et de jeunes adolescents. Sur les réseaux sociaux, notamment TikTok et Facebook, les avis de recherche se multiplient, accompagnés de portraits, noms et âges des mineurs. La plupart des signalements concernent des quartiers d'Antananarivo, la capitale.
172 plaintes pour disparition depuis le début de l'année
Selon le média Madagascar Tribune, qui cite des chiffres communiqués par la Direction générale de la Police nationale, 172 plaintes pour disparition de personnes ont été enregistrées à travers le pays depuis le début de l'année. Sur ce total, la capitale concentre à elle seule 119 plaintes. L'évolution du nombre de disparitions est difficile à établir faute de statistiques publiques, mais les médias locaux confirment une recrudescence récente des cas à Antananarivo.
Face à cette psychose, les parents prennent des mesures drastiques. Un père de famille a confié à L'Express avoir interdit à ses enfants de s'éloigner du domicile pour jouer. Les autorités ont également réagi : des membres de la garde présidentielle et 400 éléments des forces de défense ont été déployés dans les rues de la capitale. Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a tenté de rassurer la population, déclarant : « Nous sommes en guerre ! Les forces sont déployées et nous allons en finir avec cette situation », rapporte RFI.
Le gouvernement dénonce une tentative de déstabilisation
Pour le Premier ministre et le président, le colonel Michael Randrianirina, ces événements visent à perturber et déstabiliser le pays, en particulier « la Refondation en cours », le nom du gouvernement de transition au pouvoir depuis le coup d'État d'octobre 2025. Le 8 juillet, le président a martelé : « Ce qui se passe actuellement ne relève plus de la politique, c'est du terrorisme. C'est peut-être une chose que l'on cherche à montrer à la Communauté internationale pour faire croire que Madagascar est un pays totalement instable. »
Les autorités appellent la population à l'unité et à signaler tout élément suspect aux forces de l'ordre, un message relayé par le compte Facebook de la Police nationale. Parallèlement, la couverture médiatique de ces disparitions est étroitement surveillée. Le 9 juillet, le directeur de publication d'une radio locale, Ismaël Razafinarivo, a été entendu par la Section de recherches criminelles pour « diffusion de fausses nouvelles ».
La gestion contestée par la société civile
Des membres du mouvement Gen Z, très actifs ces dernières semaines pour dénoncer la gestion des disparitions par le gouvernement, s'inquiètent auprès de RFI que cette procédure s'inscrive dans un schéma plus large. « On dirait que l'État part en guerre contre les contestataires », ont-ils confié. Plusieurs théories circulent pour expliquer cette série d'enlèvements, notamment l'existence d'une organisation criminelle. Les enquêtes se poursuivent.



