Plus de 100 ours bruns dans les Pyrénées, l'espèce s'étend vers l'est
Plus de 100 ours bruns dans les Pyrénées, l'espèce s'étend

La population d'ours bruns dans les Pyrénées ne cesse de croître. Selon le bilan semestriel publié par le réseau Ours brun de l'Office français de la biodiversité (OFB) le jeudi 6 août 2026, on estime désormais entre 109 et 143 individus sur l'ensemble du massif, côté français, espagnol et andorran. Ce chiffre contraste avec les cinq ours recensés avant le programme de renforcement de la population et le premier lâcher en 1996.

Une expansion vers l'est du massif

Le réseau Ours brun, composé de 450 membres (agents de l'État, naturalistes, chasseurs, bergers, particuliers), a enregistré des signes de présence dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales. Des empreintes ont été relevées le 6 avril à La Fajolle (Aude), une première depuis 2019. Dans les Pyrénées-Orientales, des détections ont eu lieu dans le Capcir à Formiguères, puis à Angoustrine, Porté-Puymorens et Porta, via des empreintes dans la neige, des poils et des photos de pièges photographiques.

« Nous avons à nouveau des détections à l'est du massif, ce qui n'est pas nouveau, mais ne s'était pas vu depuis plusieurs années », explique Pierre-Luigi Lemaître, coordinateur du réseau Ours brun. Les dernières détections dans les P.-O. dataient de 2024 à Porta et de 2022 pour Formiguères.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des naissances encourageantes

Au moins sept portées, totalisant douze oursons nés cet hiver, ont été observées sur le versant français, principalement en Ariège, en Haute-Garonne (Argut) et dans les Pyrénées-Atlantiques (Laruns). « La population s'étend petit à petit, et on a une extension de leur présence vers l'est, qui devrait se poursuivre dans les prochaines années », estime le spécialiste basé près de Saint-Gaudens.

Le dernier lâcher de deux femelles slovènes, Sorita et Claverina, remonte à 2018. Des études sont en cours pour évaluer la diversité génétique de la population.

Le comportement des ours

Le gros de la population se situe dans les Pyrénées centrales, entre l'Ariège, l'est de la Haute-Garonne et la Catalogne. Les ours se déplacent fréquemment d'un versant à l'autre, mais leurs domaines vitaux restent réduits : 150 km² pour une femelle, 1 500 km² pour un mâle. Ils peuvent parcourir une trentaine de kilomètres en une journée, mais se déplacent généralement de deux à quatre kilomètres par jour.

Leurs déplacements sont principalement liés à la recherche de nourriture. « Ce qui l'intéresse dans une zone, ce sont ses ressources. L'été, il peut passer plusieurs jours dans un lieu où il y a des myrtilles, puis quand il a épuisé la zone, il se déplace », précise Pierre-Luigi Lemaître.

Une cohabitation possible

L'ours hiberne de fin novembre à fin mars et vit en solitaire, sauf lors du rut en mai-juin ou lorsqu'une femelle élève ses oursons, nés en janvier, qui restent avec elle un an et demi. Les femelles adultes s'installent près de leur mère, tandis que les mâles se dispersent parfois vers des zones où la présence est faible, comme l'Aude et les Pyrénées-Orientales.

En cas de rencontre, la prudence est de mise. « Par sa taille, l'ours peut être un animal à risque dans certaines situations précises, comme une rencontre à courte distance (moins de cent mètres) avec une femelle et ses oursons, un ours blessé, acculé ou en train de consommer une proie », rappelle le coordinateur. Il conseille de se manifester en parlant, de reculer sans courir, et de surveiller la direction de l'animal. Dans la quasi-totalité des cas, l'ours s'enfuit ; seuls 2 % des cas impliquent une charge ou une intimidation, et les deux seuls contacts physiques connus ont eu lieu lors de chasses en battue.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale