Monaco Energy Boat Challenge : le méthanol vert fait ses débuts
Monaco Energy Boat Challenge : le méthanol vert en scène

Pour la première fois depuis la création du Monaco Energy Boat Challenge, un bateau propulsé grâce au méthanol vert participe à la compétition, lors de la 13e édition de l'événement. Cette technologie émergente pourrait compléter les batteries et l'hydrogène dans la décarbonation du transport maritime.

Une première au Monaco Energy Boat Challenge

Depuis dix ans, le Monaco Energy Boat Challenge s'est imposé comme un laboratoire des innovations maritimes. Étudiants, universités et industriels se retrouvent en Principauté pour tester les technologies de demain. Cette édition marque une étape particulière avec l'arrivée du méthanol vert. Un bateau de l'équipe néerlandaise SURGE Methanol Foiling Team Twente est propulsé grâce à cette énergie.

« Notre objectif est de pousser constamment les frontières de la technologie pour aller vers plus de durabilité et une réduction des émissions dans l'industrie maritime », explique Szilard Czibere, Innovation Manager au Yacht club de Monaco et responsable du développement technologique du Challenge.

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Comment fonctionne la propulsion au méthanol ?

Le bateau néerlandais ne brûle pas directement du méthanol. Le principe repose sur une pile à combustible : le méthanol est transformé à bord grâce à un reformeur qui extrait l'hydrogène contenu dans la molécule. Cet hydrogène alimente ensuite une pile qui produit de l'électricité pour faire fonctionner le moteur.

Aujourd'hui, les batteries sont adaptées aux petites embarcations mais deviennent lourdes pour augmenter l'autonomie. L'hydrogène présente des contraintes de stockage. « L'intérêt du méthanol est qu'il permet de stocker beaucoup plus d'énergie », souligne Szilard Czibere. « Il est particulièrement intéressant parce qu'il est plus facile à stocker que l'hydrogène. »

Un avantage écologique sous conditions

Le méthanol utilisé dans le Challenge doit être du méthanol vert, fabriqué à partir d'hydrogène renouvelable et de CO₂ capté. « L'utilisation du méthanol sur un bateau est une nouveauté. Dans le monde entier, c'est encore quelque chose de nouveau », explique Szilard Czibere. « Il existe déjà des applications dans le yachting pour alimenter certains systèmes à bord, mais ici, nous avons un bateau directement propulsé grâce au méthanol. »

Pour Patrick Ferri, chef de projet technologie chez SBM Offshore, accompagnateur de l'équipe néerlandaise, cette innovation fait partie du futur mix énergétique maritime. « Le méthanol est une des pistes d'avenir. Il n'y aura pas une seule énergie pour remplacer les hydrocarbures : il y aura un mélange de solutions avec l'hydrogène, l'ammoniac et le méthanol », estime-t-il.

Un prototype développé en un an

Derrière cette première se trouve une équipe de 22 étudiants néerlandais. Leur ambition est de démontrer le potentiel de leur technologie. « Notre objectif cette année est de réaliser une preuve de concept d'un bateau capable de naviguer et de foiler grâce au méthanol et aux batteries », explique Twan Kolkman, membre du projet SURGE. « Nous voulons montrer ce que cette technologie peut permettre pour construire une industrie maritime plus durable. »

L'équipe a développé son bateau en seulement un an, en récupérant une coque utilisée précédemment. « C'est prometteur. En un an, ils ont réussi à développer un bateau complet », observe Patrick Ferri. « Ils ne sont pas encore à pleine puissance, mais ils vont continuer à améliorer le rendement et les capacités de leur système. »

En Principauté, le méthanol n'est pas présenté comme une solution définitive, mais comme une pièce supplémentaire dans le puzzle de la transition énergétique maritime. Une expérimentation de plus dans un événement qui, depuis dix ans, cherche à répondre à la question : à quoi ressemblera le bateau de demain ?

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