Un an après le triple fiasco des concerts Summer Vibes, Zamna et Madame Loyal, le festival Azura, prévu du 30 juillet au 1er août à Fréjus, suscite à son tour des interrogations. Malgré une affiche prestigieuse comprenant Jul, Theodora et Gims, la ville semble peiner à tirer les leçons des précédents échecs.
Summer Vibes : une liquidation aux lourdes conséquences
Le 15 juillet 2025, l'Office de tourisme de Fréjus annonçait l'annulation du Summer Vibes Festival, programmé les 18 et 19 juillet à la Base nature. La société organisatrice, Brothers Company, était placée en liquidation judiciaire trois jours avant l'événement. Les 30 à 50 euros déboursés par les festivaliers pour leurs billets n'ont jamais été remboursés, et la promesse de billets valables pour l'édition 2026 est restée lettre morte.
Les prestataires ayant avancé des sommes considérables n'ont pas été payés non plus, ajoutant des difficultés financières à des entreprises déjà fragiles. Selon le tribunal de commerce de Fréjus, la procédure de liquidation a été étendue au dirigeant de Brothers Company, Arnaud Le Forestier, le 16 mars 2026, en raison d'une confusion entre ses finances personnelles et celles de la société.
Argent public perdu et liens politiques
L'Office de tourisme de Fréjus avait versé 90 000 euros sur les 125 000 euros prévus pour l'acquisition des droits promotionnels de la marque Summer Vibes. Malgré une mise en demeure, cet argent public est très probablement perdu. L'opposition municipale a vivement critiqué cette perte, d'autant qu'Arnaud Le Forestier était remplaçant sur la liste Rassemblement National de Christophe Chiocca, adjoint au tourisme, lors des élections départementales de 2021.
Zamna et Madame Loyal : une ardoise d'un million d'euros
L'été 2025 a également été marqué par la débâcle des festivals Zamna et Madame Loyal, organisés par la société Mf Phygital. Bien que les événements aient eu lieu, les prestataires, salariés et une partie des artistes n'ont pas été payés, laissant une dette estimée à plus d'un million d'euros.
Azura : une organisation sous haute surveillance
Le festival Azura, organisé par Novatrix Events, une SARL au capital de 1 000 euros, suscite l'inquiétude. L'un de ses actionnaires, Jean-Pierre Anastasio, a été condamné en 2015 pour racket de boîtes de nuit à Aix-en-Provence. Des liens familiaux l'unissent à Jul, qui le considère comme un père. Si ce pedigree a pu dissuader d'autres groupes criminels, la forme juridique et le faible capital interrogent, alors que l'événement devrait générer près de 5 millions d'euros de recettes.
Rien ne permet aujourd'hui d'affirmer qu'Azura connaîtra les mêmes difficultés, mais après les déconvenues successives, la question est de savoir si Fréjus a su tirer les leçons des échecs passés.



