L'Assemblée nationale a adopté ce jeudi 10 juillet 2026 le projet de loi Ripost, un texte controversé qui facilite l'expulsion des locations touristiques illégales et des locaux squattés. Porté par le gouvernement, ce projet vise à répondre à la crise du logement en libérant des logements occupés de manière abusive. Selon le ministre du Logement, Jean Dupont, "cette loi est une réponse nécessaire pour protéger les propriétaires et les locataires de bonne foi".
Un dispositif accéléré pour les expulsions
Le texte prévoit une procédure d'expulsion accélérée pour les locations touristiques non déclarées, notamment celles opérées via des plateformes comme Airbnb. Les propriétaires pourront désormais obtenir une décision de justice en moins de deux mois, contre six mois auparavant. De plus, les squatteurs pourront être expulsés sous 48 heures si le logement est destiné à la résidence principale du propriétaire. Selon les chiffres du ministère, environ 120 000 logements sont actuellement squattés en France, et 300 000 locations touristiques illégales opèrent sur le territoire.
Des critiques de l'opposition et des associations
L'opposition de gauche et des associations de défense des droits des locataires dénoncent une loi "liberticide" qui risque de précipiter des familles dans la rue. "Ce texte crée un deux poids deux mesures entre les propriétaires et les locataires", a déclaré la députée écologiste Marie Martin. "Il va fragiliser les plus précaires, notamment les familles en situation de squat, souvent sans solution de relogement." Les associations estiment que 70% des squatteurs sont des familles avec enfants, souvent en situation de grande précarité.
Un impact sur le marché locatif
Le gouvernement espère que cette loi libérera jusqu'à 50 000 logements supplémentaires sur le marché locatif d'ici 2027. Cependant, des experts du logement doutent de cet objectif. "Les locations touristiques illégales ne représentent qu'une partie du problème", explique l'économiste Pierre Lefèvre. "La vraie crise vient du manque de logements sociaux et de la hausse des loyers. Cette loi risque de créer un effet d'aubaine pour les propriétaires, mais sans régler le fond." Le texte doit maintenant être examiné au Sénat, où des amendements pourraient être apportés.



