L'Indonésie traverse une crise économique qui exaspère sa population. Entre pénuries de riz, pannes d'électricité récurrentes et inflation galopante, les Indonésiens expriment leur mécontentement croissant envers le gouvernement du président Joko Widodo.
Pénurie de riz et flambée des prix
Le riz, aliment de base du pays, est devenu rare et cher. Selon l'agence nationale de logistique Bulog, les prix ont augmenté de près de 20 % en un an, atteignant 14 000 roupies le kilogramme (environ 0,85 euro). Les ménages modestes, qui consacrent une part importante de leur budget à l'alimentation, sont durement touchés. "Nous devons réduire les portions, parfois sauter des repas", témoigne Sari, une mère de famille de Jakarta.
Pannes d'électricité à répétition
À ces difficultés s'ajoutent des coupures d'électricité fréquentes, notamment sur l'île de Java. La société d'État PLN évoque une demande croissante et des infrastructures vieillissantes. En juin, plusieurs quartiers de la capitale ont subi des black-outs de plusieurs heures, perturbant les activités économiques et le quotidien des habitants. "Je perds des clients chaque fois que l'électricité saute", déplore un commerçant de Pasar Minggu.
Inflation et pouvoir d'achat en berne
L'inflation atteint 5,2 % sur un an, selon les données de la Banque d'Indonésie. Les prix des denrées alimentaires, des transports et du logement grimpent, tandis que les salaires stagnent. Le gouvernement a tenté de subventionner certains produits, mais les mesures sont jugées insuffisantes. "Les promesses de campagne ne se concrétisent pas", critique un analyste politique de l'université d'Indonésie.
Manifestations et pression sur le gouvernement
La grogne sociale se traduit par des manifestations dans plusieurs villes. Fin juin, des milliers de personnes ont défilé à Jakarta, Bandung et Surabaya pour réclamer des mesures urgentes. Les syndicats appellent à une hausse du salaire minimum et à un contrôle des prix. Le président Widodo, en fin de mandat, voit sa popularité s'éroder. Selon un sondage de l'institut Indikator, seulement 45 % des Indonésiens approuvent sa gestion économique, contre 60 % il y a un an.
Perspectives économiques incertaines
Les experts prévoient une croissance modérée pour 2024, autour de 5 %, mais les risques persistent : dépendance aux matières premières, dette publique croissante et instabilité des prix mondiaux. Le nouveau gouvernement, qui prendra ses fonctions en octobre, devra relever le défi de la redistribution des richesses et de la modernisation des infrastructures. En attendant, les Indonésiens subissent les conséquences d'une économie sous tension.



